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 Du sang et de l'eau [ft. Felix Ahn - warning: probabilité de gore]

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Wang Zhen Shi

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MessageSujet: Du sang et de l'eau [ft. Felix Ahn - warning: probabilité de gore]   Mar 27 Juin - 22:31

Du sang et de l'eau

Onze heures et quart. Le Phénix d'Or n'allait pas tarder à ouvrir ses portes aux clients pour qu'ils puissent se restaurer à leur aise, ce qui permettait à Shi de tarder encore un peu dans son appartement.

Shi regardait des curriculum vitae et des lettres de motivation, la plupart faites à l'arrache, et soupira lourdement. Heureusement qu'il était d'une nature à ne pas s'énerver autrement il aurait déjà tout brûler. Ce n'était pas compliqué de bien écrire, si ? Alors certes, tous les chinois de Chinatown n'avait jamais mis un pied dans leur pays d'origine et ne savait pas tous parler au moins le mandarin mais était-ce si compliqué, dans ce cas, de bien écrire correctement en anglais ? Pour le bien-être de ses yeux, toutes les lettres et tous les curriculum vitae n'étaient pas aussi mal fichus que cela.
Il fit rapidement le tri et jeta ce qui ne l'intéressait pas, ce qui ne lui laissa entre les mains que trois candidats intéressants sur la trentaine qu'il avait pu recevoir. Il aurait peut-être bientôt un nouveau serveur ou une nouvelle serveuse et il pourrait enfin aller vérifier plus longtemps comment se déroulaient les parties de mah-jong à venir; toute la semaine ce serait mah-jong de toute façon. Comme cela était surprenant.

Bientôt des coups de feu se firent entendre dans la rue et Shi descendit rapidement de son appartement, attrapa un couteau de cuisine au passage par réflexe et alla voir de quoi il s'agissait. Cela pouvait très bien n'être qu'une exécution ou quelque règlement de compte entre membres des Triades et cela lui allait très bien. Sauf qu'en fait ce n'était pas cela. Courant comme il le pouvait, un jeune homme semblait fuir deux autres hommes; Shi se préparait à l'intercepter pour permettre aux poursuivants de le rattraper afin que l'histoire se termine rapidement. Il aimait sa tranquillité. Le seul souci étant que le mercenaire remarqua rapidement que les poursuivants n'étaient pas chinois, contrairement au jeune homme.

Sales chiens de japonais, vous en prendre à un des miens !

Shi était certain qu'aucun japonais ne passait jamais dans cette rue, yakuza ou non. Il avait donc l'avantage. Celui du terrain. Et de l'aide de concitoyens peu scrupuleux aussi. Et des Triades pour effacer ses frasques sanglantes.
Ainsi, il intercepta effectivement le jeune homme pour le planquer à l'intérieur et un couteau de cuisine vint se planter dans la jugulaire d'un des poursuivants. Moins un donc il n'en restait qu'un. Shi eut le temps de se mettre à couvert et d'éviter une balle. Le yakuza s'approcha de la seule entrée possible pour le restaurant; Shi l'attendait calmement et put le surprendre en l'attrapant par le bras tendu tenant l'arme; en quelques gestes il le désarma. Un combat s'ensuivit mais l'endroit était trop étroit pour se battre convenablement et l'ancien chirurgien avait l'avantage de connaître cet endroit par coeur. Il héla un des cuisiniers de lui passer un couteau, celui-ci sachant très bien ce que le patron allait faire; il avait l'habitude et lui-même avait bien été un criminel auparavant donc bon...les morts ce n'était pas un gros problème.
Avec sérénité, la lame du couteau s'enfonça d'abord dans la gorge du yakuza avant qu'il ne retire la lame; le sang gicla de la plaie mais cela ne le dérangea pas. En tenant la tête de sa victime d'une main pour qu'il demeure au sol et en étant à califourchon sur son torse pour l'empêcher de trop bouger, il lui enfonça ensuite le couteau dans l'œil jusqu'à toucher le cerveau. Bientôt, le criminel ne bougea plus. Le mercenaire retira, avec tant bien que mal, la lame. Et avec un grand calme, il s'acharna doucement sur le visage du japonais, comme s'il était en train d'éplucher un légume, avec méthode et beaucoup de sang; quoiqu'un légume ne saigne techniquement pas mais un cadavre encore frais de yakuza, oui.
Une fois qu'il eut fini, Shi se releva; il avait du sang un peu partout. Il y avait du sang un peu partout autour de lui. Avec une certaine délectation clairement affichée sur son visage, Shi lécha le sang sur le couteau, un peu à la manière des tueurs fous hématophiles dans les films. Sauf que là, c'était la réalité. Shi se tourna vers les cuisiniers et leur demanda de mettre le cadavre au frais avec les autres, ce qu'ils firent. Toujours calme et couvert de sang, le mercenaire se tourna finalement vers le jeune homme dont il avait un peu oublié la présence.


-Je vous sers quelque chose à boire ? demanda t-il en souriant.

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Felix Ahn
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MessageSujet: Re: Du sang et de l'eau [ft. Felix Ahn - warning: probabilité de gore]   Mer 28 Juin - 18:49

Du sang et de l'eau
Pv Wang Zhen Shi
Un brasier ardent consumait l'intérieur de mes entrailles. A chaque pas, chaque souffle, ma trachée prenait feu et venait enflammer mes poumons endoloris. Mon torse ne cessait de se soulever frénétiquement, rythmé par les brutaux battements de mon cœur. Mes jambes commençaient elles aussi à me tirailler, à peu près autant que mes pieds, eux lassés de frapper le bitume. Chaque fois que ma semelle touchait le sol, je sentais mes muscles vibrer d'une intense douleur, tandis que la poussière de l'asphalte s'élevait en volutes dans l'air chargé d'humidité. Au rythme ou allait cette course poursuite mon corps ne tarderait pas à lâcher. Le stress était tel que mes doigts blanchissaient autour du paquet de cartes que je tenais en main. Je le serrai fort, si fort, tant il m'était précieux. Mais c'était à peine si je percevais encore les bruits ambiants tant mon attention était focalisée sur les deux japonais qui me poursuivaient.
J'avais prié deux virages plus tôt pour qu'ils aient cessés de me courser, mais si la fatigue s'emparait de moi, elle semblait ne pas avoir de prise sur ces yakuza acharnés. Fort était de constater que mon différent avec l'un des gangs asiatique de la ville était loin d'être réglé. J'avais longtemps cru que ma mésaventure au pays du soleil levant m'avait apporté sûreté en échange d'un harcèlement régulier. Mais aujourd'hui était la preuve qu'il s'agissait là d'une conclusion aussi naïve qu'hâtive.
De plus, la chance n'était jamais de mon côté et il semblait désormais évident qu'elle me fuyait comme la peste. Car sur les dizaines de yakuzas présent dans les rues d'Elysian j'avais eu le malheur de tomber sur ceux qui avait le plus pâti de mes arnaques. Et quand leurs visages défigurés avaient esquissés un sourire malsain en ma direction, je compris l'une de mes décisions passées ; plus jamais je ne voulais être lié avec un gang quel qu'il soit. Cela entraînait inévitablement de funestes conséquences, toutes plus sanglantes que périlleuses les unes que les autres.

- Sale chien ! 私は知りませんpayer ! Avait hurlé l'un de mes poursuivants dans sa langue natale.

Mais où pouvais-je semer ces bourrins ? Y avait-il ne serait-ce qu'un lieu dans cette ville qui pouvait me protéger de la terrifiante influence de ces japonais crasseux ?
Alors une opportunité s'offrit à moi. L'entrée de Chinatown. Je haïssait ce lieu. Il ne m'évoquait que des Chinois pouilleux et de la nourriture immangeable. Mais là-bas se trouvaient des gens qui en plus de leurs origines, avaient un point commun avec ma personne ; ils détestaient les Japonais surement autant que je ne le faisais.
Aussi je bifurquais dans l'allée, persuadé qu'ils n'oseraient jamais m'y suivre. Mais la volonté de vengeance qui les envahissait semblait plus profonde encore que la potentielle peur de se faire eux-même éviscérer. Et bientôt, je m'étais moi-même perdu dans ce quartier des plus atypique. Les rues se confondaient, les échoppes se ressemblaient toutes et les restaurants ne faisaient que se répéter tel un copier-coller sur un paysage défilant.

Une violente détonation retentit alors. Brutal et inattendu, je manquais de perdre l'équilibre. Une goutte de sueur coula le long de ma tempe. Depuis quand utilisaient-ils des armes à feu ? Jamais encore je ne m'étais fais agresser avec un tel arsenal. Dans mon esprit ces barbares s'étaient arrêté au moyen-âge, et n'avaient pas depuis lâché les outils de torture de l'époque. Encore une fois, je m'étais fourvoyé.
C'est à peine si j'avais sentis la douleur. Mais peu à peu, tandis que je continuais ma course, mon épaule voyait rouge. Alors, mon poing se resserra autour du vieux paquet de cartes de mon grand-père. Tout mon t-shirt était en train de s'imprégner du sang que déversait une entaille créée par la balle. Ce liquide visqueux coulait le long de mon omoplate, se diffusant sur le tissu tel de l'aquarelle et l'entachant à vie. Une fois encore, preuve était que ces japonais étaient loin d'être incroyables. Me rater à une si courte distance... comment avaient-il pu ?

- ねえ le bâtard ! Dit-il en m'appelant en anglais par mon trop célèbre nom de jeu.

Et quand mes doigts libres touchèrent la plaie et se marquèrent de la couleur de la chance, je ralentis malgré moi, surpris de ce retournement de situation. Mais alors que mon esprit paniquait, je fus tiré hors de ma course par une main agile. Propulsé dans un restaurant, je perdis l'équilibre et m'écroulait au sol. Mais si je tombais, le paquet prit lui son envol. Chaque carte vola dans les airs tandis que je m'écrasais sur le carrelage de ce qui était un lieu déserté. Je les vis fuser dans les airs, tournoyer sur elles-même avant qu'elle ne retombent brutalement tout autour de moi.

Ce que je vis n'avait rien de comparable. En l'espace de quelques instants un Chinois avait éliminé l'un de mes poursuivants. Le corps de ce dernier s'était lentement effondré dans la rue, mou, puis inerte. La vie l'avait quitté, et c'était pour le mieux. Car au fond de moi il m'était évident que ces derniers n'auraient pas été aussi délicats avec mon cadavre.
Mais pire encore fut la mort du dernier japonais présent. Un nouveau coup de feu avait retentit. Je m'étais recroquevillé sur moi-même, a demi-assis sur le sol, adossé à une chaise. Le bruit avait été terrifiant, et pendant quelques secondes je priais pour que le yakuza fut touché. Puis, avec l'agilité majestueuse d'un félin, l'homme avait paré l'adversaire. C'était à peine si mon cerveau parvenait à saisir les mouvements qu'il employait. Rapide, habile et puissant, ce dernier eu tôt fait d'enfoncer un couteau dans la gorge du yakuza. La lame aiguisée pénétra la chair comme du beurre. Un flot de sang jaillit alors de la plaie, et vint tacheter le sol de milliers de gouttelettes rougeoyantes.
Mes yeux ne pouvaient plus se voiler du spectacle. En comparaison à la vague vermeil qui s'était abattu sur le restaurant, la plaie légèrement plus que superficielle qui barrait mon épaule parut anodine. Une main sur celle-ci, je contemplais avec fascination ce qui se produisait face à moi. Car comme si cela n'avait pas suffit, a califourchon sur le futur cadavre, mon sauveur vint achever la victime d'une dernière entaille.
Non, je n'avais pas rêvé. Il avait léché le couteau. S'en était si perturbant que mon cerveau s'arrêta. L'action était elle terminée depuis quelques instants, et pourtant jamais je n'avais eu l'esprit plus confus. Cet homme avait assurément un problème. Et un gros. Mais fallait-il pour autant fuir celui à qui l'on devait la vie ? N'était-ce pas là un puissant manque de respect ? Pire, n'était-ce pas le meilleur moyen de perdre la vie comme ses précédentes victimes...

- Je vous sert quelque chose à boire ? Demanda-t-il en mandarin, trop souriant.

L'adrénaline quittait peu à peu mes veines et mon cœur ralentissait. Car bien que cet étrange étranger m'était des plus terrifiant, je me sentais davantage en sécurité ici, que dans les rues étroites bourrées de Yakuzas. En quelques secondes il était devenu la bouée de sauvetage de naufrage. Et au milieu de la tempête, je n'avais d'autre choix que de la m'agripper à elle.
Mais avec cette éclipse hormonale, vint la deuxième conséquence de l'attaque des yakuzas ; la douleur. Elle commençait peu à peu à tinter le long de mon épaule. Elle n'était pas insurmontable, loin de là, et n'avait rien de comparable avec ce qu'il m'avait été donné de vivre l'an passé.

- J... je pense que je vais en avoir besoin, répondis-je le souffle court, me relevant.





NB

- Toute parole en italique est prononcée dans une autre langue que l'anglais.
- Si cette parole est écrite de manière compréhensible, cela signifie que Felix comprend.
- Dans le cas contraire ne pas tenir compte du vrai sens des mots -de la langue incomprise- employés.
- Couleur de Felix : #820000



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Wang Zhen Shi

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MessageSujet: Re: Du sang et de l'eau [ft. Felix Ahn - warning: probabilité de gore]   Jeu 29 Juin - 0:25

- J... je pense que je vais en avoir besoin

Shi était joyeux, il avait pu massacrer des japonais. Raciste. Mais on se ne refait pas, du moins pas avec l'éducation qu'il avait reçu et sa personnalité. Shi n'avait jamais été l'enfant parfait que ses parents avaient vu, le véritable enfant parfait avait été ce pauvre Wang Zhen Zhong qui avait pu s'épanouir dans l'ombre de son frère; il avait pu faire ce qu'il voulait malgré les réprimandes de leurs parents, alors que Shi avait dû satisfaire l'orgueil parental. Au fond, Shi avait toujours un peu jalousé son frère, à sa manière.
Il alla déposer le couteau dans un évier, il se nettoya vite fait les mains et prit deux verres à alcool et une bouteille de Maotai tandis que les deux autres employés nettoyaient les dégâts de leur patron. Le Maotai, fait à partir de sorgho et de blé, est un alcool chinois très répandu. Sept fermentations et huit distillations durant neuf longs mois pour le faire, selon les traditions. C'était un alcool connu de tous les chinois et même ceux qui n'avaient jamais été en Chine. C'était surtout un tord-boyaux de 53% d'alcool. Shi invita le jeune homme à s'asseoir à une table et lui servit un verre à raz-bord, il s'en servit un également et trinqua avec lui; la coutume disait: boire cul-sec. Sinon cela était un affront total et ferait perdre la face à celui qui venait de servir.
La face était un élément essentiel dans les traditions chinoises, la politesse poussée à l'extrême.

Cependant Shi remarqua le fait que le jeune homme n'allait pas forcément très bien et se posa de multiples questions à cela. Puis il se souvint d'un seul coup que le jeune homme avait été poursuivi. Il regarda le reste de la salle. Des cartes étaient étalées au sol. Son regard revint sur le jeune homme.


-Es-tu blessé ? Les cartes sont à toi ?

Il se leva et s'empressa de toutes les ramasser méthodiquement sans les froisser ou les abîmer, il se félicita d'avoir pensé à se laver les mains avant car il aurait été fort contrarié d'y mettre du sang. Il s'inclina lorsqu'il rendit le paquet de cartes au jeune homme. Ses yeux se posèrent sur sa tête.

-Ta tête...suis-moi j'ai de quoi te soigner.

Il l'invita à le suivre dans son appartement pour au moins nettoyer et désinfecter ce qu'il avait.

-J'ai été médecin. dit-il en souriant pour le rassurer; bien qu'ayant de nombreuses tâches de sang sur lui, il avait l'air de tout, sauf d'un être rassurant.

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MessageSujet: Re: Du sang et de l'eau [ft. Felix Ahn - warning: probabilité de gore]   Dim 2 Juil - 22:19

Du sang et de l'eau
Pv Wang Zhen Shi
Dans quoi m'étais-je encore embarqué ?
Après toutes ces années il semblerait que tomber sur des gens louches soit devenu part entière de mon quotidien. Et pourtant jamais je n'avais eu l'intention de me fourrer là où je ne devais pas. Bien au contraire, avoir une vie ordinaire m'aurait amplement convenu. Mais si le destin était une femme s'aurait été une prostituée. Car je n'étais né qu'avec peu de talents, n'étant doué que pour jouer, parler et tricher. Et il semblerait que la combinaison de ces aptitudes et d'un grand-père expert en jeu, ait façonné mon avenir en un sens mauvais, voire irrécupérable. Aujourd'hui était la preuve même de cette affirmation.
En l'espace de quelques instants, toute trace de meurtre avait disparue. Sous ordre de mon sauveur, le personnel du restaurant avait évacué les cadavres en mode automatique, tandis que les multiples traces de sang semblaient elles s'être volatilisées. Il ne restait plus de ce massacre que mon épaule entaillée. Mais qui étaient ces gens ? Un frisson hérissa les poils de mes bras. Le crime semblait inévitablement faire partie de leur quotidien, ce qui provoqua chez moi une certaine crainte.
Le lieu dans lequel je me trouvais était pour moi des plus simples. Et pourtant il dégageait quelque chose d'aussi atypique qu'anormal. De là où je me tenais je pouvais entrapercevoir les cuisines, ainsi que l'endroit où il était allé cherché à boire. Fort heureusement ce restaurant était suffisamment propre pour que même ma maniaque de mère n'ai rien à redire sur le sujet. J'en oubliais presque qu'il s'agissait là d'un d'un des commerces de Chinatown.
Aussi quand mon sauveur revint bouteille à la main, c'est presque si une grimace d'anticipation ne défigura pas mon visage. Mon oncle m'avait déjà fait le coup quelques années auparavant, et je sentais déjà ma gorge bruler à l'idée d'ingurgiter cet alcool maudit. Mais pieds au mur, c'est avec appréhension que je saisissais le verre qu'il me tendit. Comment refuser ? Cela m'était impossible. Je le savais, bien qu'au fond, vider le verre sur ma plaie m'aurait presque été plus agréable. De ma main non ensanglantée j'avais versé l'alcool de sorte à ce qu'il passe le plus vite possible mon œsophage. Quitte à souffrir, mieux valait de n'en pâtir que brièvement.
Je du grimacer quand l'intégralité du contenu glissa péniblement jusqu'à mon estomac. Non pas que l'alcool eut été trop concentré pour que mon corps ne puisse l'accepter. Cela n'a rien à voir. Il s'agissait uniquement du goût qui crispait les muscles de ma mâchoire. Cet instant de souffrance aurait au moins le mérite de me détendre, en vertu des propriétés du Maotai. A cela je ne pouvais qu'acquiescer.

- Tu es blessé ? Les cartes sont à toi ?
- A mon grand-père mais oui, merci.


Quand il me rendit mon paquet, je m'inclinais quelque peu, brièvement, par défaut. C'est là que je réalisais. Je n'appartenais à aucune culture. Toute ma vie j'avais été bercé entre éducation américaine, respect coréen et fierté chinoise. J'étais un produit. Le mélange pur et simple de trois pays aux passés fortement liés. Littéralement un bâtard à cheval sur plusieurs fronts. Ce surnom de jeu ne m'avait, bien sûr, pas été donné à la légère. Bien qu'au fond il ait toujours évoqué chez moi un sentiment de malaise.

Après un court moment d'hésitation j'avais suivi mon sauveur d'un pas craintif. J'avais peur. Désormais presque autant que face aux yakuzas. Mais je n'avais ni le choix, ni la possibilité de refuser. Aller dans mon état aux urgences m'était impossible. Trop de questions se seraient élevées dans les airs, trop de doutes et de suspicions m'auraient été lancés. Le faux anonymat que je bâtissait face à ma famille n'aurait alors pas duré, et jamais je n'aurais retrouvé ma tranquillité.
Et pourtant si je ne suivais pas cet être farfelu, je n'avais aucune chance de guérir. La plaie s'étendait sur une demi largeur d'épaule et s'enfonçait d'un bon demi centimètre dans la chaire. Je sentais mon muscle s'endolorir progressivement et à chaque mouvement de bras ce dernier m'arrachait une grimace de douleur. Je n'allais pas pouvoir rester ainsi très longtemps.

Ma main droite n'avait toujours pas quittée l'entaille, tandis que nous pénétrions dans l'appartement. Je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre tant la situation était burlesque. J'avais accepté de suivre un inconnu des plus étranges, qui cinq minutes plus tôt avait tué deux japonais crasseux sans la moindre hésitation. Beaucoup trop de questions me vinrent à l'esprit. Qui était cet homme dérangeant ? Pourquoi m'aidait-il encore ? Savait-il vraiment comment recoudre ma plaie ?

- J'ai été médecin
, dit-il alors, comme s'il lisait mes pensées.

Mes sourcils se froncèrent quelque peu.

- « Eté » ?


Je marquais une pause de recul. Pourquoi ne l'était-il plus ? Voilà qui me paraissait encore plus louche et suspicieux que tout ce qui était arrivé sous le toit de ce restaurant.

- Euh... Dois-je fuir ou vous faire confiance ? Embrayais-je sarcastiquement.

Et pourtant je le savais, j'étais coincé ici, et n'avais d'autres choix que de me plier aux exigences chirurgicales de l'étranger.


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Dernière édition par Felix Ahn le Mer 5 Juil - 20:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Du sang et de l'eau [ft. Felix Ahn - warning: probabilité de gore]   Mar 4 Juil - 3:32

- Euh... Dois-je fuir ou vous faire confiance ?

L'un des cuisiniers releva la tête vivement; oulà, il voulait vraiment aller sur cette pente glissante sarcastique avec le patron ?! Il espérait que celui-ci pensât que le jeune homme avait surtout subi un choc, qu'il ne s'était pas du tout remis pleinement et que c'était les événements qui le faisaient parler ainsi. Il espérait qu'il songeât vraiment à cela afin d'éviter à renettoyer derrière lui, il avait autre chose à faire. Là, le lecteur attentif se dira sûrement qu'il y a un faux-raccord narratif dans le post car ils sont déjà dans l'appartement lorsque Felix sort ceci; ce à quoi nous répondons sobrement: non seulement le cuisinier a l'ouïe fine mais tout n'est pas insonorisé; ce qui se passe dans l'appartement peut aussi s'entendre en bas. Mais revenons-en à nos moutons.
Fort heureusement, Wang Zhen Shi se contenta de sourire et de se retenir de rire aux larmes. Cinglé va.


-Si tu fuis, je ne pourrais pas désinfecter la plaie et tu risques de l'infecter et probablement d'en souffrir et peut-être d'en mourir; quoique c'est l'épaule qui a été touché; peut-être juste une amputation alors. J'ai du fil qui permet de recoudre de façon à ce que ce soit comme si tu n'avais jamais rien eu; enfin, avec un peu de temps. Tu n'auras qu'à dire que tu t'es coupé. J'ai été chirurgien cardiaque en Chine mais l'atmosphère devenait étouffante, j'avais besoin de changer d'air. Quel mal y a t-il à se recycler en restaurateur ? Je continue à opérer quelque part...

Un petit mensonge enrobé de vérité. Ah c'est sûr qu'il avait bel et bien été chirurgien cardiaque ! Quant à l'atmosphère elle devenait vraiment étouffante à cause des recherches de son frère Wang Zhen Zhong sur lui, fichu inspecteur. Adieu la chirurgie, bonjour la restauration; cela ne l'avait pas trop changé. Des horaires particulières, toujours "opérer" - principalement en découpant de la viande - des conditions pas toujours sympathiques, quoique les clients ne faisaient pas trop chier. Quant aux véritables clients du restaurant, des membres des Triades ou de simples criminels chinois, ils n'enquiquinaient jamais le patron qu'il était bien longtemps. Ils faisaient un bon engrais pour son jardin !

L'appartement occupait tout le premier étage. Ils venaient d'arriver dans l'entrée depuis laquelle on pouvait accéder, directement à gauche, à des toilettes, puis à droite à la cuisine ouverte sur le salon. L'appartement était du coup grand et il pouvait inviter facilement du monde. Dans le salon, il y avait toutefois un bout de mur qui avait souffert car il y avait la photographie en pied d'un homme chinois défiguré par des lancers de couteaux; c'était Wang Zhen Zhong.
Wang Zhen Shi indiqua à Felix qu'il pouvait s'asseoir sur le canapé et plutôt éviter le fauteuil rouge car il pouvait peut-être se casser et qu'il n'avait pas envie qu'il ne se fasse plus mal que nécessaire; il ne lui dira jamais que c'était surtout là-dedans qu'il recevait quelques châtiments provenant de quelque criminel en chaleur.
Tout l'appartement était très propre, la décoration était sobre et épurée.

Wang Zhen Shi sortit de quoi recoudre la plaie de Felix et la désinfecter de l'armoire à pharmacie qui se trouvait dans la cuisine et non la salle de bains.


-Bon, laisse-moi voir ça. Au fait, j'ai vu que l'alcool c'était pas ton truc; tu veux peut-être du jus de fruits ? Il me reste du jus de goyave si tu veux.

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MessageSujet: Re: Du sang et de l'eau [ft. Felix Ahn - warning: probabilité de gore]   Mer 5 Juil - 21:21

Du sang et de l'eau
Pv Wang Zhen Shi
J'avais déglutit avec appréhension. Ma pomme d'Adam avait glissée le long de ma gorge, tandis qu'un terrible pressentiment m'envahissait. L'homme face à moi était terrifiant. Outre son attitude peu ordinaire, c'est sa tirade morbide qui avait provoqué chez moi une soudaine envie de fuite. En outre il me sembla que les mots « infecter », « plaie », « mourir » et « amputation » était sorti de sa bouche de manière trop naturelle. Le chinois assassin n'avait pas sourcillé, toujours trop calme et sérieux. C'était à peine si j'avais réussi à distinguer s'il plaisantait ou non. Aussi faute de pouvoir faire la différence entre l'humour et sa réalité, je m'étais contenté de paniquer en mon fort intérieur.
J'avais jeté un bref coup d'oeil à la porte et aux ouvertures de cet appartement trop spacieux, mais avais vite renoncé à filer. Il était de toute évidence bien trop tard pour s'enfuir. Et cet être étrange me semblait encore plus effrayant à l'idée qu'il me poursuive avec une lame aiguisée. Car si une telle situation venait à se produire, j'avais le sentiment que jamais je ne gagnerai. Il était bien trop habile, rapide, entraîné et surtout il avait l'air de connaître Chinatown mieux que quiconque ici. En d'autres termes je n'avais ni l'avantage du terrain, ni celui du physique. J'étais condamné à errer dans cette pièce à la merci de l'humain le plus glauque qu'il m'ait été donné de rencontrer.

- En termes simples je n'ai pas trop le choix c'est ça ? avais-je faussement ri de stress, sans attendre de réponse.

Envahit par la pression, j'eu peur que mon chinois n'en ai pâtit. Mais passant outre, c'est avec le meilleur des naturels que j'avais continué comme si de rien était.

Puis, sous sa directive j'avais posé mes fesses sur le canapé et observé attentivement celui qui disait avoir autrefois été chirurgien.
A l'inverse de ce dernier, il me sembla voir bien des aspects négatifs à sa reconversion professionnelle. Comment pouvait-on accepter de passer d'un statut social aussi élevé à un emploi misérable dans les tréfonds de Chinatown ? Voilà une chose à laquelle je ne pouvais acquiescer. Jamais au grand jamais je n'aurais un jour pu apparaître fièrement après une telle chute de mon grade en société.
Mais effrayé, c'est dans le silence absolu j'avais gardé mon avis secret.

- Bon, laisse-moi voir ça. Au fait, j'ai vu que l'alcool c'était pas ton truc; tu veux peut-être du jus de fruits ? Il me reste du jus de goyave si tu veux.

J'espère n'avoir pas tiré la tronche face à cette remarque. Non pas que je n'appréciais pas ce semblant de sympathie, mais dire de moi que l'alcool était chose peu appréciée par ma personne me fit tiquer. Il me faut l'admettre, j'avais bien quelques travers face à ce liquide chamboulant. C'en était presque ridicule, surtout si l'on avait conscience de ma piètre performance en tenue d'alcool. Un cliché de plus sur les asiatiques auquel il me fallait faire face tous les jours.
Mais m'avait-il prit pour un enfant ? Je ne devais pas avoir bu de jus de fruit pur depuis cinq ans déjà. A ma connaissance, je ne me servait de ce type de boisson que comme un diluant en soirée, et non comme de quelque chose de consommable en soi. Mais encore une fois, puisque les poils de mes bras se levaient de peur, je n'avais pas soufflé mot sur l'affaire, moi qui d'ordinaire n'aurait pas manqué une occasion d'ouvrir ma grande gueule.

- Non ça ira merci. Je n'ai pas très soif, avais-je balbutié comme la pire excuse du monde pour refuser une offre de boisson.

Puis, l'ayant vu s'installer à mes côtés ustensiles en mains, j'avais tant bien que mal retiré mon T-shirt. Mon épaule m'avait lancé, m’arrachant une grimace, bien que ce soit avec une délicatesse extrême que j'eu décollé le tissu imbibé de sang. En effet, mieux valait qu'aucun textile ne gêne le travail de l'Expert, afin que je puisse m'en sortir avec la cicatrice la plus petite possible. Puis, tout comme la marque de brulure qu'avait fait les yakuzas un an plus tôt, la plaie était désormais à l'air, presqu'invisible sous l'épaisseur gluante vermeille qui la recouvrait.

Mes yeux s'étaient posés sur celle-ci, puis j'avais détourné le regard. D'ordinaire la vue du sang ne me posait pas problème, mais ici, sans que je ne sache pourquoi, j'avais eu l'impression qu'il me fallait éviter de trop examiner l'état de mon épaule.


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Wang Zhen Shi

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MessageSujet: Re: Du sang et de l'eau [ft. Felix Ahn - warning: probabilité de gore]   Mer 2 Aoû - 23:20

Il fallait bien l'avouer, les traits de Felix Ahn étaient suffisamment juvéniles pour que Wang Zhen Shi le prenne pour un très jeune homme alors que lui-même savait pour les difficultés d'un asiatique de paraître son âge véritable tandis que leur corps indiquait une certaine forme juvénile. L'ancien chirurgien avait bien vu la tête de son jeune interlocuteur mais n'avait rien dit; oups, s'était-il dit, il s'était trompé dans l'âge ou dans les goûts du jeune homme, voilà qui était embarrassant, il règlera cela une autre fois. Il y avait un poil plus urgent et il ne fit aucune remarque quant à ce qu'il répondit, s'il n'avait pas soif...On ne donnait pas à boire à quelqu'un qui n'avait pas soif, n'est-ce pas ? C'était...inutile...

L'état de l'épaule de Felix Ahn était...Bon ça allait, ce n'était pas joli à voir mais c'était du "pas joli à voir" comme l'était n'importe quelle blessure à la base. Ce n'était pas un champ de bataille véritable comme il avait déjà pu voir et ce n'était sûrement pas de la charpie. C'était réparable et il avait de quoi traiter la blessure convenablement avec même sans les outils nécessaires pour cela. Sauf que du coup il avait les outils nécessaires ce qui était encore mieux et permettrait à son patient du jour de ne pas garder une aussi grosse cicatrice que prévu.
Premièrement désinfecter la plaie ce qui pouvait un peu piquer, puis la nettoyer; ce fut simple et rapide. La partie la plus complexe étant de recoudre, heureusement qu'il était preste, agile et un poil précis, autrement son patient aurait fini avec une cicatrice dégueulasse bien que convenable. Il avait fait en sorte que cela soit le moins long et le moins douloureux possible mais une aiguille dans la peau et sentir le fil s'y glisser n'est pas ce qu'il y a de plus agréable comme expérience à vivre; surtout sans anesthésie, même partielle.


-C'est fini.

Il était maintenant en train de ranger, déjà, tout le matériel qu'il avait sorti. Dans quelques minutes, il demanderait au jeune homme de redescendre, lui offrirait le repas et ils repartiraient chacun de leur côté. Peut-être qu'ils se croiseraient à nouveau, peut-être pas.

Wang Zhen Shi alla ranger le matériel à sa place puis revint dans le salon.


-On redescend ?

Il lui expliqua au passage que le fil s'en irait de lui-même et qu'il n'y aurait pas besoin de tirer; lorsqu'il s'en ira ce sera signe que la chair se sera bien réparée. Avec le travail effectué, il en aurait pour un peu plus d'une semaine au final. Avec un peu de chance, elle ne serait plus là sinon elle ne se verrait qu'en y regardant de très près et avec une loupe.

Wang Zhen Shi s'en allait vers la porte d'entrée mais il s'arrêta. Au loin, on entendait des cris et d'autres coups de feu.

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Felix Ahn
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MessageSujet: Re: Du sang et de l'eau [ft. Felix Ahn - warning: probabilité de gore]   Mar 5 Sep - 21:36

Du Sang et de l'Eau
Pv. Wang Zhen Shi
Après ma naissance, il apparu bien vite que j'étais né doté d'une bonne constitution. Car à l'inverse de mes petits camarades de crèche ou d'école, jamais je ne contractais les maladies infantiles qui se propageaient sur nos petits doigts boudinés. Et pourtant ce n'était pas faute d'avoir manqué de m'amuser avec mes compères. En effet, jouant avec eux comme n'importe quel bambin l'aurait fait, je me roulais tout autant par terre, tapais mes mains sur nos jouets de bois, et faisais la sieste en leur compagnie. Mais pas une seule fois je ne fus atteint de leurs pathologies.
L'hivers même durant lequel mon père, ma mère et ma sœur furent atteint de la grippe, je n'ai pas présenté un seul symptôme qui pouvait laisser à penser que j'étais contaminé. C'était exactement comme si mes défenses immunitaires se dressaient face aux pathogènes étrangers, tel Gandalf face au Balrog. Cependant, malgré cette résistance au-dessus de la moyenne, je ne manquais pas de chuter.

Un coude, un genoux ou un crâne, je ne ratais pas une occasion d'empaler mon corps sur le sol, les bancs ou les arbres. Souvent égratigné, ma famille ne tarda pas à s'habituer à ce qu'ils appelaient un « manque d'équilibre ». Et pourtant il n'en était rien. Réfléchissez-y. Avez-vous déjà vu un enfant ne jamais finir sa course par une chute digne de celle du IIIème Reich ?

Arriva même le jour où, par envie de grimper plus haut que mon cousin, j'avais chus de la mezzanine pour venir heurter mon crâne sur une bibliothèque de chêne. Je me rappelle avoir eu mal, suffisamment en tous cas pour que mes parents me téléportent jusqu'à l'hôpital. Ce soir là fut celui de ma première plaie ouverte. Celui de ma première cicatrice. Aujourd'hui il ne s'agit là que d'un mauvais souvenir, qui est placé loin derrière la brulure japonaise de mon ventre ou encore l'entaille de cette balle.

Du coin de l'oeil je voyais l'expert agiter ses ustensiles d'une précision chirurgicale. Après tout peut-être était-il vraiment médecin au fond. Mais pour ma part j'étais bien trop occupé à voiler la cicatrice aux motifs japonais qui barrait mon ventre, pour ne pas risquer de quiproquos inutiles. Aussi c'est à peine si j'aperçu le produit désinfectant lorsque celui-ci entra en contact avec mon épaule.
Face à la douleur qui titilla la chaire, mon visage se tordit quelque peu. Et pourtant ce n'était rien comparé à celle qui allait transpercer mes nerfs au travers de l'aiguille métallique. Car quand le bout de fer glissa au-delà mon tissu épidermique, je regrettais presque de ne pas m'être rendu dans un véritable hôpital. Là-bas au moins j'aurais eu la certification qu'on m'aurait anesthésié, ainsi que la preuve que celui qui me faisait serrer la mâchoire était véritablement qualifié.

J'avais détourné le regard. Et pourtant, même si mon attention était porté sur mes doigts blanchit par leur crispation, je devinais aisément la facilité avec laquelle l'expert refermait ma plaie. Une chose était certaine, même s'il ne possédait qu'un diplôme de rue, il avait l'habitude de réaliser ce genre d'acte chirurgical.
Quand s'eut été terminé je soufflais enfin, respirant pour la première fois depuis le début des soins. C'était à peine si je sentais le dessous de mes ongles tant ils avaient pâli. Puis, ni une ni deux, je revêtis mon T-shirt ensanglanté dans l'espoir de cacher la marque des yakuzas, et la plaie que je refusais de zyeuter.

- On redescend ? Me dit-il après avoir rangé son matériel non désinfecté.

J'aperçu mon reflet dans une vitre. Tel un soldat amoché, je ne ressemblais vraiment plus à rien. Disons plutôt que mon t-shirt avait rendu l'âme. Car marqué de rouge en divers endroits, il était pareil à un champ de coquelicots abimés. Mais à l'inverse des ces plantes aisément meurtris, lui ne risquait pas de faire du bien à mon épaule fraîchement nettoyée. Au fond j'aurais certainement préféré que l'on m'offre ces fleurs en tisane, pour que leurs vertus apaisantes puissent aider à me calmer. Car si autrefois on utilisait ses pétales rougeoyantes dans les bouillis des enfants, il n'en restait pas moins que cela permettait d'apaiser la toux ou simplement de faciliter le sommeil. Au fond je n'étais aujourd'hui qu'un gamin qui, en plus de ne pas supporter la douleur, se serait plu à dormir, ou à manger les mets italiens à base de cette mauvaise herbe chimiquement résistante. Cependant face à ce tissu bien moins beau qu'un coquelicot, je me trouvais laid.

Et pourtant je ne me sentais pas de demander à l'étrange chinois de me fournir un vêtement propre. D'ordinaire j'aurais sans gêne abusé de sa charité, mais le malaise qui m'envahissait me refusa cet écart comportemental.

Ni une ni deux, grimaçant de douleur à chaque pas, je le suivit jusqu'à la porte. Puis, je me stoppais net, fronçant les sourcils. Je n'aimais pas les bruits lointains qui parvenaient à mes oreilles. Il ne me donnait guère envie de retourner là-bas et de quitter cet appartement. Le propriétaire des lieux avait lui aussi ralentit son avancée.

- Oh oh.

Et sans m'en rendre compte, j'avais reculé par automatisme. Bientôt je me retournais pour me diriger vers la fenêtre. Car de là, j'obtenais une vue plongeante sur cette étroite rue de Chinatown. Celle dans laquelle j'étais venu me perdre et où, par miracle, j'avais été sauvé. Mais à quel prix ?

Mes yeux vinrent alors se porter sur les hommes alarmés qui pénétraient le restaurant. Je n'en étais pas plus rassuré. Car si leur attitude laissait à penser que la violence était banale, ils n'en paraissaient donc que plus effrayant. Mais ce n'est pas ce qui me mit la puce à l'oreille. Et pour cause j'étais certains d'avoir déjà croisé quelques uns de leurs yeux bridés, et fait face à leurs visages agressifs.
Mais où aurais-je bien pu les rencontrer ? Dans la rue ? Ou aux jeux peut-être ? Rien ne me permettait de remettre des souvenirs surs ces hommes familiers.

Même si je n'écartais pas l'hypothèse d'une méprise de ma part, l'envie me prit de me cacher dans un placard. A l'inverse de l'homme là-bas, je ne possédais aucune qualité de combat et mes attaques étaient semblables à celles d'une poule sur un phacochère. Aussi mon cœur s'emballa à nouveau, balançant une douleur vive dans mon épaule.

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MessageSujet: Re: Du sang et de l'eau [ft. Felix Ahn - warning: probabilité de gore]   Dim 17 Sep - 13:44

Elysian Fields était une ville qui lui seyait à merveille et pour rien au monde il ne voudrait la quitter, malgré les coups du sort: il avait peut-être été obligé de partir loin de son pays natal mais maintenant qu'il avait trouvé une parcelle de bonheur, ici, il n'était pas prêt de s'en aller.
Pourquoi donc ? Parce qu'Elysian Fields était une ville parfaite pour lui, la corruption, la criminalité très élevée. Une ville où il pouvait mieux exercer ses talents que dans son pays d'origine; cela lui était...absolument délicieux. Le seul bémol serait surtout son très cher et détestable petit frère que son coeur haïssait de la haine la plus noire qui soit; même si la haine et l'amour n'étaient séparés que par une trop fine frontière et que, dans l'esprit tordu et malade de l'ancien chirurgien Wang Zhen Shi, celui-ci nourrissait des sentiments d'une horreur terrible et éthiquement tabous dans nombre de sociétés actuelles, et surtout la leur, envers ce très cher petit frère dont il voulait désormais prendre grand soin et lui faire ouvrir les yeux sur certains points. De préférence avant de l'égorger et de l'empailler pour le garder pour toujours à ses côtés. La raison de Wang Zhen Shi devenait de plus en plus distordue et abjecte lorsqu'il s'agissait du fin limier chinois qu'était devenu, à son insu et dans son ombre, Wang Zhen Zhong. Celui qui faisait désormais la fierté de la famille, là où lui-même en était devenu la honte. Et le pire dans tout cela, c'était qu'il en voulait à son petit frère d'avoir pu le remplacer dans le coeur de leur soeur, Wang Zhen Xiuying; bien qu'en vérité, cela ne soit que sa seule faute, à lui, le criminel fou et qui l'avait toujours été.
Ces derniers temps, il lui arrivait parfois de se réveiller le matin en songeant qu'il était parfaitement mort et qu'une partie de ses fonctions vitales n'étaient plus et avaient cessé de fonctionner. L'hallucination, si réelle pour lui, ne durait finalement pas et s'estompait au bout de quelques minutes de panique intense, jusqu'à ce qu'il ressentisse à nouveau son coeur battre à tout rompre dans sa poitrine et qu'il ne doive à tout prix se calmer et demeurer inerte quelques instants afin d'en calmer les battements; autrement, il savait que son coeur ne tiendrait pas et il craignait que celui-ci ne finisse par "exploser", comme lui avait déjà dit un compatriote médecin cardiologue.
Toujours est-il que cette ville a des opportunités, de suffisamment bonnes pour qu'il s'y plaise. Mais pour combien de temps avant que son frère ne réussisse à l'arrêter et à l'envoyer en prison ? Ou plus adapté encore, à l'hôpital psychiatrique au vu de son degré de folie ?
Toutefois, pour l'heure, il y avait peut-être plus urgent à penser.

Wang Zhen Shi n'aimait pas trop le dérangement, même si cela lui permettait d'assouvir ses pulsions meurtrières qui l'excitaient tout à fait; c'était comme proposer à un enfant de jouer à un jeu qui l'intéressait. Ce qui était parfaitement inquiétant puisque tuer n'est pas jouer; même si certains, dans les films, avaient tendance à l'oublier.


-Reste ici, j'y vais. dit-il tout à fait sobrement avec un mini-sourire amusé aux lèvres.

Il se rendit dans le coin cuisine d'où il y prit un long couteau, et il était facile de deviner qu'il avait déjà servi pour son utilisation basique mais aussi et sûrement pour une utilisation plus criminelle; ou alors c'était juste l'air du restaurateur qui donnait cette impression ainsi que sa dextérité et sa facilité à le manier. Il descendit les escaliers prestement, de sa main gauche, dissimulant dans son dos l'ustensile meurtrier.

Wang Zhen Shi les connaissaient, ils n'avaient rien à faire ici. Des membres des Triades pour qui il ne travaillait pas et qu'il abhorrait tout à fait. A dire vrai, on lui avait déjà demandé de les éliminer, s'il en avait le temps et l'occasion; c'était assez sympathique que le Destin les mettent sur sa route. Il pourrait donc accomplir son travail. Pourquoi il les détestait ? Déjà, il n'aimait pas beaucoup de personnes. Ensuite, parce qu'ils avaient la réputation de tricher et vous savez maintenant à quel point l'ancien chirurgien déteste les tricheurs. Il savait aussi qu'ils étaient de ceux qui aimaient racketter les établissements contre une protection dont il n'avait pas besoin. Il savait exactement où s'adresser pour obtenir cela.
La clientèle s'était faite la malle et à raison, Wang Zhen Shi ne leur en voudrait pas; il comprenait aisément. Par contre, ceux qui ne partiraient pas vivants d'ici allaient être ceux qui étaient venus le déranger. C'était si impoli...

Tranquillement, Wang Zhen Shi s'approcha d'eux. Ils n'étaient pas non plus énormément et s'il s'y prenait bien, il en tuerait sûrement quelques uns. De plus, il n'était pas seul car les deux autres cuisiniers étaient toujours prêts pour ce genre d'événements; eux-mêmes tatoués, ils savaient à quoi s'attendre et ce n'était pas comme s'ils ne cuisinaient pas de viande humaine sur ordre de leur patron...Ce qu'ils ignoraient tous les trois était le rapport entre ces gens et Felix Ahn. Ils l'apprendraient sûrement ultérieurement mais aucun de ces trois-ci n'en voudraient au gamin, ou du moins envers celui qui ressemblait, pour eux, à un gamin.

Wang Zhen Shi ouvrit le bal en ouvrant la gorge de celui qui voulut parler. Le geste avait été d'une précision chirurgicale et l'ouverture était suffisamment grande pour éclabousser les alentours de sang - et de quoi rendre malade n'importe quel être sensible à l'hémoglobine. Un autre geste et l'ancien chirurgien esquiva un des coups pour planter le couteau dans le visage d'un autre adversaire, rentrant la pointe, puis la lame, dans la joue gauche pour la faire ressortir par la droite, avant de tirer, arrachant une partie de la peau au niveau de la bouche et un petit morceau de lèvre. Dans son dos, les deux cuisiniers se battaient à leur manière, avec violence mais moins de sang. Quant aux autres, ils savaient que dans un espace aussi petit, tirer ne servirait à rien et ils pouvaient se blesser eux-mêmes ou des alliés en le faisant. Ils n'avaient pas le choix, il fallait aller au corps-à-corps.
Ils étaient six contre trois. Moins un donc cinq contre trois. Même celui qui avait une partie du visage dégueulassement arrachée était prêt à en découdre avec le tueur qu'il frappa en traître et dans le dos, d'un magistral coup de pied, ce qui eut le temps de le déstabiliser. Il eut toutefois le temps d'en faire choir un sur le sol avant de se faire plaquer contre une table, se débattant contre le manque d'air certain puisqu'un d'entre eux essayait de lui écraser la trachée en l'étranglant. De l'autre côté, celui au visage à moitié arraché se prit un coup de poêle de la part d'un des deux cuisiniers, ce qui avait son côté presque comique si cela n'avait pas été aussi sanglant. Celui que Wang Zhen Shi avait fait choir sur le sol s'était relevé et venait aider son camarade à achever le restaurateur. Quatre contre trois, c'était un peu plus juste...quoique...

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Du sang et de l'eau [ft. Felix Ahn - warning: probabilité de gore]
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