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 Faites entrer le loup dans la bergerie.

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Larry A. Mantis
Admin
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Age : 37 ans
Situation : Fiancé
Activité criminelle : Tueur en série
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Crédits : Lux Aeterna
Messages : 17
Date de naissance : 12/11/1979

MessageSujet: Faites entrer le loup dans la bergerie.   Mar 20 Juin - 3:47








Larry Atsan Mantis
Ft. Aidan Turner





Identité



NOM•• Mantis PRENOM•• Larry Atsan SURNOM•• Ce que ces fouinards de journalistes sauront dénicher... AGE•• 37 ans DATE DE NAISSANCE•• 12/11/1979 NATIONALITE•• Proud American Psycho ORIGINES•• Italiennes (père)  & Anglaises (mère) ORIENTATION SEXUELLE•• Je prends ce qui vient, même si j'ai tendance à préférer les courbes arrondies des descendantes d'Ève... SITUATION•• Libertin ? (fiancé mais omettons ce futile détail, voulez-vous) METIER / ETUDES•• Fondateur et PDG de la Cosmantis Industry, société concevant les meilleurs produits cosmétiques de luxe du pays, certifiés 100% naturels et issus de l'agriculture biologique. Études de littérature anglaise, puis de philosophie, de droit et de marketing. CATEGORIE•• Criminel



Particularités

1 •• Millionaire. Papa et Maman étaient pauvres. Le gamin que tu étais rêvait de rouler dans la Cadillac des voisins, en engloutissant l'un de ces milkshakes peinturluré haut de gamme sur fond de Jim Morrison. Aujourd'hui tu l'as ta revanche. Du haut de ta tour d'aluminium, tu surplombes Elysian Fields et te mouche dans ces billets verts qui font ta fierté. Vraie célébrité, on s'arrache tes interviews. Toi, le présumé philanthrope, tu préserves la veuve et l'orphelin de la misère en finançant les associations qui t'ont porté. Larry Atsan Mantis, tu es l'incarnation du rêve américain. 2 •• Politique. Tu passes pour un progressiste invétéré depuis que ton soutien à Joanne Miller a défrayé la chronique. C'est vrai que tu as la tchatche, baratineur à succès qui discourse avec ses mains et distribue allègrement ses tracts. Les détracteurs sont nombreux... 3 •• Gastronome. Ce que l'on trouve dans ton assiette, c'est de la grande cuisine, raffinée avec un soupçon d'orgueil bien sentie. Tes fréquentations dans les restaurants huppés de la ville ne sont pas rares, et tu en as fait dans les soirées mondaines ton cheval de bataille, avec entre autres ton style vestimentaire de Yankee pompeux. 4 •• Beau. Tu aimes LE beau, si bien que ton chez-toi ressemble davantage à un musée qu'à un simple domicile. Féru d'arts et de littérature, tu te passionnes pour les tournures bien faites, la légèreté dans la plume et la petite étincelle qui fait vibrer les pinceaux au contact de la toile. Tu sais agiter tes doigts sur un piano, ayant appris auprès de ta professeure de musique du lycée. Poète, tu sais trouver les mots justes pour faire fondre ; tu hypnotises de par ta stature d'écorché vif. Coquet, tu soignes ton apparence en vidant maintes et maintes crèmes de jour, en domptant ta crinière noire, en blanchissant ta dentition parfaite. Ton costume impec' de chez Valentino rayonne à sa sortie du pressing et la populace minaude en te voyant approcher : "Monsieur Mantis est un homme charmant." 5 •• Traumatisme. Il suffit de relever cette mèche rebelle qui te couvre l'oeil pour contempler l'ignominie de ton enfance. Là, à l'extrémité entre le cuir chevelu et le front, une cicatrice pas plus grande qu'une pièce de 25 cents. Une manière de te souvenir de ce qu'était le patriarche avec toi. Une brute épaisse et prétentiarde qui en cette matinée du 17 octobre 1987 t'explosa le crâne contre le mur de ton antre à coucher pour ne pas t'être réveillé plus tôt. 6 •• MacDonald. Et il n'est pas question de ton job d'été lamentable effectué au sein de la célèbre enseigne états-unienne de fast food. Triade MacDonald. Autrement dit, les prémices de la violence. Dès le début de ton adolescence, tu as manifesté des signes avant-coureurs d'un attrait pour la mort, une absence totale de pitié et d'un comportement jugé anormal par les membres du corps psychiatrique. Combien de fois ta mère t'a-t-elle humilié quand il lui eu fallu nettoyer les conséquences de tes fréquentes énurésies nocturnes ? Peut-être as-tu emmagasiné trop de frustration ? Difficile de contenir ton excitation lorsque tu as fais flamber la poubelle des Coopers. Et lorsque tu as dépecé le mignon chaton de Mrs Hopkins, la Winnie Sanderson du quartier. Tu as abandonné désormais les animaux et décidé de t'attaquer à des gabarits plus importants, histoire de marquer la progression. Logique. 7 •• Phobie. Ces bestioles, nuisibles, qui batifolent sur les peaux et enfoncent leurs saletés de griffes crochues tout le long. Tu en as une peur bleue, depuis que ces arriérés à l'école en ont glissé deux/trois dans ton sac. It is law. Les rongeurs, tu les fuis comme la peste. 8 •• Hypermétrope. C'est embêtant bien souvent, mais tu as besoin de lunettes pour lire les trésors de ta bibliothèque. Lunettes de marques de mise, tu ne verse jamais dans le cheap. 9 •• Tabac. Grand adepte des cigares aux saveurs boisées et exotiques, tu en fumes énormément. Trop pour que ton métabolisme tienne le coup jusqu'à un certain âge. Tu t'en moques bien. Rien ne peut remplacer une traversée des Caraïbes offert par un Habanos fraichement allumé. 10 •• Fête. Ce mot est selon toi synonyme de boisson et de parties de jambes en l'air. Les nuits de vices dans les bras d'une fille de joie sont tes pêchés mignons. Alcool et drogue sont légions. 11 •• Haine. Figure de bon samaritain (tu vas à la messe, tu fais des dons), si tu faisais tomber le masque, quel choc ce serait ! Et pourtant, la vérité c'est que tu as une profonde aversion pour les gens, surtout pour ces pauvres mecs qui dorment dans les rues, mendient, qui sont salent et qui empestent l'urine. Tu méprises la pauvreté. Pire, tu en as horreur au point d'espérer une éradication rapide et simple de ces "chômeurs de merde". Charmant. 12 •• Misogyne. On ne peut pas dire que tu apprécies les êtres humains, te qualifiant toi-même de misanthrope, mais s'il y a bien une catégorie de personnes que tu vises particulièrement dans tes commentaires acerbes, c'est bien la gente féminine. Tes victimes fétiches. Suffit qu'elles soient des frêles brunes aux yeux marron pour obtenir le cocktail merveilleux du meurtre-carnage. Le fait que Maman n'est pas été gentille avec son fiston n'a rien arrangé de cette situation. Mommy issues...


Caractère

Charismatique + Hypocrite + Ambitieux + Sadique + Cultivé + Dépravé + Clairvoyant + Égocentrique  + Stratégique + Insensible + Sociable + Cynique + Indépendant + Superficiel + A le goût du risque + Facilement irritable et violent


Derrière l'écran

NOM Baba AGE 19 années derrière moi déjà COMMENT AVEZ-VOUS DECOUVERT LE FORUM ? Really nigga ? DESIREZ-VOUS UN PARAIN/UNE MARRAINE ? Absolument pas.  PREMIER, DEUXIEME COMPTE ? Mon premier (chaque chose en son temps) AUTRE CHOSE ? Je connais une technique pour tuer trois hommes en un coup rien qu'avec des feuilles mortes ! ATTESTEZ-VOUS AVOIR LU LE REGLEMENT ? Évidemment =D


Dernière édition par Larry A. Mantis le Mer 23 Aoû - 2:07, édité 2 fois
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Larry A. Mantis
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MessageSujet: Re: Faites entrer le loup dans la bergerie.   Mar 20 Juin - 3:48








LA VIE D'UN MONSTRE - Prologue

"I have utter disregard for human life."




Douze novembre mille-neuf-cent-soixante-dix-neuf, les pleurs d’un nourrisson se heurtent sur les murs d’une chambre blanche aseptisée. Sa figure joufflue de poupon est pareille à toutes les autres, il plisse les yeux, bêle, et tend ses ridicules petites mains fripées dans le but d’agripper les mèches frisées qui encadrent symétriquement la gorge de sa génitrice. Elle, marque la distance. Elle repousse les avances de la sage-femme qui tente à cor et à cri de la persuader d’étreindre l’innocent, l’inoffensif. Lui, appète inlassablement son sein. Mais Darla Bonnell est bornée. Cadette d’une famille typique du nord-ouest américain, élevée à la trique par son père, elle avait tout flanqué en l’air, s’était enfuie de son foyer en Oregon pour un voyou, fils d’immigrés italiens, et ce au grand damne de ses parents. Rebelle dans l’âme, elle raffolait des prises de risque inutiles, des fêtes aux rythmes érotiques, des bad boys aux airs interdits. Ces derniers, elle les croquait comme des friandises. Toujours est-il qu’elle avait du vendre son corps à la sauvette, dans l’espoir de subvenir à ses besoins et à ceux de son garçon. Car, à vingt-et-un ans, elle avait eu le malheur de tomber enceinte, brisant ainsi la vie délicieuse dont elle avait rêvé tous azimuts. Et cet enfant qu’elle avait pondu dans la douleur et les râles, ce nourrisson aux ridicules petites mains fripés, il l’embarrassait.
Un coup d’œil sur les visages en papier glacé, les clichés d’une autre époque, les couleurs criardes, les flous, les reflets indésirables ou les yeux qui ne devraient pas paraître rouges ; tout laisse à penser que le garçon à la crinière ébène, tenue de son père, était le plus heureux de sa classe. Airs espiègles, sourire édenté, Larry, paré de la casquette de son équipe de foot favorite, se tenait dans les rangs au centre, droit comme un champion. Personne n’avait eu une vision annonciatrice du devenir lugubre de ce séduisant jeune homme...

La réalité était tout autre.

Ma réalité.

Nous étions pauvres. Pauvres au point de mendier notre pain sur le trottoir mouillé, d’agripper le bas des hommes de bureau, de courir les associations pour une perle de nourriture. Du moins, c’est ce que moi je faisais. Gamin des rues, sans le sou, je faisais les yeux doux à ces mégères qui ratissaient les rues à la recherche de leur cabot débile  énièmement  disparu.  La faute à ma mère tout ça. Ma mère, ce panier percé… Outre le fait que son métier était minable, elle n’était rien d’autre qu’une folle dingue inconsciente et pathétique. L’argent qu’elle gagnait à se trémousser sur des inconnus, elle le dépensait dans ses toilettes grossières, ses rouges à lèvre dégoulinants, ses fonds de teint dégueulasses et que sais-je encore… Je vous jure, c’était une vraie parvenue. C’était tout juste si on pouvait se payer une orange during Christmas Time. Alors imaginez sa réaction lorsqu’elle a découvert l’objet de mes mutilations. C’est vrai que je prenais un malin plaisir à démembrer les poupées mannequins de ma petite sœur...
Je me souviens encore de nos repas passés loin de notre vieille baraque toute pourrie. À l’assoc’, ils nous servaient dans des marmites en cuivre, une mixture qu’ils avaient eux-mêmes baptisé « soupe ». Funny joke huh ? Leur soupe était translucide à souhait. Le genre fade et peu nourrissant. Le genre à vous laisser dans la bouche un goût d’eau salée qui vous titille les papilles à la dérobée. Ça me donnait la gerbe. Sur le dessus, on pouvait en ôter une pellicule de gras. Une manière de cacher la misère, un grand classique des campagnes. On aurait dit un de ces mauvais films hollywoodiens dont les têtes d’affiche – aussi célèbres soient-elles – ne parvenaient pas à relever le niveau risible du scénario, si on peut encore discuter de scénario à ce niveau là…
Il me semblait que le monde était contre moi. Cette simple soupe arrivait à m’enrager comme un malade. Sauf que je ne suis pas un malade. Tout était soigneusement agencé pour me foutre les nerfs à vif. Rien que l’idée d’ingurgiter ce coulis de merde me forçait à péter les plombs. La soupe huilée ou l’huile « soupée » à vrai dire, s’extirpait hors de ma cuillère à chacune de mes tentatives d’en siroter une gorgée, comme pour me signaler que je n’abrègerai pas ma faim de sitôt. Et pourtant, qu’est-ce que j’avais faim dans ce hangar moisi. La faim me tiraillait les entrailles.
Dans ces moments là, comme si ce n’était pas suffisant, je sentais peser sur moi le regard lourd de jugement de ma mère qui n’avait rien trouvé de mieux à faire que de se limer les griffes en pompant, pompant, vorace, la fumée éparse de sa clope. Son teint rapiécé de couleurs, parsemé, à la surface enfarinée de quelques différents accouplements hybrides de fards et de lotions, transpirait des flots de désappointement. Elle adorait. Elle adorait me faire porter le chapeau quand alors ces escapades crapuleuses tournaient au vinaigre. Et quand elle retournait à la maison, alcoolisée, déambulant dans le couloir et gueulant le prénom qu’elle m’avait choisi, à gorge déployée. Non. Décidément, ma présence ne lui était pas charitable. D’aucune autre manière, je n’aurais pu colmater les cratères de son être meurtri par l’amour. J’étais le fils crétin et elle me haïssait.

Mère indigne, salope des bas fonds. Quand elle était d’humeur docile, elle m’envoyait lui chercher ses cigarettes, autrement elle hurlait et frappait. Le pire c’était certainement mon père. Lui, il n’était jamais présent pour ses enfants, mais alors pour ce qui était de les cogner, il s’en donnait à cœur joie, l’enfoiré. Pendant une période, j’avais les mains rouge vif et segmentées par une multitude de sillons trempés de sang. J’en arrivais à devenir une véritable nébuleuse, force d’être traversé par ces constellations morbides dont la couleur inspirait davantage un champ de bleuets en perdition que le reflet pur de la Lune ornant la nuit.

Père. C’est un bien grand mot quand on y pense. Je n’avais pas la certitude qu’il était réellement mon père. Qui pouvait le savoir ? À l’hôpital, on avait noté « Giovanni Mazzani, père de Larry Giovanni Mazzani » sur une pâle feuille volante et cornée, détachée d’un cahier d’une secrétaire débordée. On m’avait arraché de l’antre de Méduse pour me livrer à Cyclope. Ses mains grasses s’étaient plantées au fin fond des bourrelets de mon ventre et j’avais pleuré assez fort pour que les infirmières accourent dans ma direction, me pouponnant doucement alors que le trouble restait difficilement immobile. Là, sous l’iris obscure, un dessein sombre germait. J’avais vu le Monstre dans ses yeux, et non mon propre reflet…
Mon père était de la pire espèce. Un fumier qui avait toujours le nez dans ses transactions douteuses. On avait bien eu un poste de télévision vieux comme les premiers émois de Marilyn grâce à lui, mais c’était tout ce dont il était capable. Voler. Sans doute tenais-je cela de lui. Ce n’était un secret pour personne, que Giovanni Mazzani trimballait plein ses poches des anecdotes soigneusement tissées sur du mensonge, du vent qu’il piochait puis distribuait comme il effeuillait un éventail de cartes de jeu. Ainsi, il raconta que l’appareil était tombé du camion en marche. Ma mère s’en fichait pas mal de savoir si c’était une autre de ses histoires saugrenues, regarder les rediffusions de Dallas sur CBS occupait davantage son attention que les récidives d’un escroc obsessionnel, son mari et père de ses enfants. Et pourtant, elle ne se gênait pas pour me faire la morale à moi quand mes vols à l’étalage ne passaient pas inaperçu, quand les représentants de l’ordre me mettaient le grappin dessus et qu’ils se faisaient un plaisir de m’escorter jusque devant le seuil de ma maison. C’est arrivé plus d’une fois. Ces vols étaient semblables à des pulsions que je devais satisfaire sur-le-champ. Je voulais ce que les autres avaient. Je les enviais. Mais, surtout, voir ma mère s’enraciner dans l’humiliation, le visage bouffi d’hystérie, me procurait un sentiment d’euphorie presque palpable.

Quatorze ans. C’est l’âge que j’avais lorsque j’ai assassiné mon premier chat. Je n’oublierai jamais cette sensation. Pour rien au monde, je ne la troquerai contre quoi que ce soit. Il y avait quelque chose de parfaitement excitant à tenir ce sac à puces par le col et à le torturer jusqu’à ce que mort s’en suive. Évidemment, l’acte en lui-même n’avait pas l’égale jouissance de l’acte perpétré sur un être humain, mais il fallait bien commencer quelque part. Cette première expérience avait été fructueuse, ce qui me conduisit à prolonger mes déambulations nocturnes à la recherche de la victime idéale. Je me languissais de ce sentiment grandiloquent de toute puissance ; chercher à l’éprouver moult et moult fois était donc de mise… Je pense que c’est à partir de là que mon comportement a catégoriquement basculé. Se développait chez moi un spectre pulsionnel et sanguinaire, un bouleversement dans la boîte crânienne qui me poussait à répandre l’horreur en toute conscience. Je n’étais pas malade, ni psychotique. Je n’étais pas tourmenté par des hallucinations, non plus par des délires, et au summum de tout, je n’étais pas fou. Mais je n’ignorais pas l’existence de ma différence, j’étais hors normes si je puis dire. En outre, la mise au monde de ce qui était pour moi, aux premiers abords, un virulent parasite constituait là un tracas supplémentaire à la tumulte de mes problèmes. La coupe était pleine. Pendant de longues années, j’avais engrangé une telle rage, une telle frustration, trop de haine et pas assez d’affection. Les négligences, les injustices, les coups et les offenses que j’avais endurées se cristallisaient graduellement, et je comprenais peu à peu que je n’étais pas seulement différent de la norme – ces cerveaux malades –, j’étais meilleur qu’elle, je la surpassais en tout point. Pourquoi me mêler donc au bétail ? Jeune adolescent, je préférais jouer avec le cœur d’une souris de laboratoire qu’avec mes camarades, faute de ne pas pouvoir jouer avec leur cœur à eux. Et correspondre avec ces coquilles vides était de l’ordre du superflu. Ce qui me plaisait en revanche, c’était, depuis la lucarne de ma chambre et à travers les lunettes des jumelles volées au voisin d’en face, de lorgner sa fille se déshabillant doucement. Cheveux blonds qui tombaient en cascade dans son dos laiteux, lèvres pulpeuses qu’arboraient les figures des vasques grecques, deux aigues-marines scintillantes en guise d’iris, elle faisait rouler ses mains délicates sur son corps rondelet, emprunté aux pin-up des années 50. Elle bruissait fortement, maculée de désespoir, visage déformé par les sanglots, ligotée dans une position révélatrice, ligotée jusqu’au sang. Mes fantasmes. Je les dessinais, ennuyé par les cours ou par les disputes répétées de mes parents. Tantôt j’utilisais des instruments colorés, tantôt je favorisais l’esquisse des détails morbides : anatomie dégradée, affaissement de la peau, bouche joliment scarifiée, ecchymoses violacés, noirceur de la pourriture et des fontaines d’hémoglobine par dizaines. Du sang, comme s’il en pleuvait.
Je parvenais, dans une moindre mesure, à concilier les traits de crayon ardents et les séries furieuses de chasses aux félins, bien que je commençais à sentir le poids des insatisfactions qui s’amoncelaient en pied de nez à mon égard. Pour canaliser mon énergie homicidaire, le jumelage de ces options avait été efficient pendant un temps, mais il se révélait de plus en plus stérile, tandis que je prenais de l’âge et que mes désirs évoluaient en parallèle. Si autrefois je peinais à tenir tête à ces bouseux du lycée, j’avais dorénavant une carrure respectable pour m’attaquer à des individus plus baraqués, des adultes notamment. Vous suivez le fil de ma pensée ? J’espère bien.

Vingt ans. C’est l’âge que j’avais lorsque j’ai fait ma première victime. En cette fin d’après-midi du douze avril deux-mille, le ciel revêtait une parure gris ardoise caractéristique des fraîcheurs printanières de l’Idaho et la révérence du soleil assombrissait l’air ambiant. Tictac. Elle rentrait chez elle, se débarrassait de son attirail sur la chaise de la cuisine, farfouillait dans le réfrigérateur à la recherche d’un bocal de fruits au sirop. Tictac. Alors qu’elle croquait goulument dans un bigarreau, que le fluide poisseux giclait sur son décolleté, striant sa gorge de filets sucrés, elle tressaillit, soudain abattue par un spasme monstrueux. Tictac. Perché en haut des escaliers, je captais ses moindres gémissements, le cœur s’emballant en trombe, alors que mes muscles, eux, palpitaient à allure réduite. Je n’avais rien ressenti de tel jusqu’à ce jour. Mes jambes se dérobèrent presque et je me voyais m’affairer à lui venir en aide, à feindre de lui venir en aide, comme si mon masque de gentilhomme montrait l’étendue de son efficacité, une nouvelle fois. The Mask of Sanity. Comme à l’accoutumée, elle m’avait repoussé avec aplomb, faisant mine d’être à même de se débrouiller seule, mais je savais pertinemment que ce n’était pas le cas, au vu du poison que je lui avais fait ingurgiter. Oui. En cette fin d’après-midi du douze avril deux-mille, j’avais versé de la mort aux rats dans le bol de soupe de ma mère, une dose de cheval pour être sûr. Il était clair que je n’avais pas lésé sur les quantités. Il était clair qu’elle avait peu de chance d’en réchapper. L’agonie fut longue, laborieuse, répugnante. Rien moins que sa vie. Le ventre à plat sur le tapis bon marché du salon, l’écume aux lèvres dont tant d’insanités avaient été déblatérées, vomies en permanence, qui avaient embrassées les rats au bord des caniveaux, aspirées les lamentations des requins, des bâtards aux mœurs indues et légers, des lèvres qui avaient goûté puis consommé le vice. Tout ce ramassis d’ordures m’inspirait à la fois un profond mépris et une jubilation sans bornes. J’avais commis le matricide : d’Oreste à Norman Bates, les grands héros des légendes, des mythologies, des romans avaient baigné dans le sang de leur mère. Elle n’était ni trop jeune ni trop vieille. Quarante ans. N’est-ce pas un bel âge pour mourir ?

En plus d’être mon premier meurtre, cet événement avait été le déclencheur d’une toute nouvelle vie. Malin comme je suis, la thèse du suicide était passé comme une lettre à la poste auprès des autorités qui nous avaient – moi et ma petite sœur – de ce pas, embarqués au poste environnant, dans l’optique de nous interroger et de nous offrir l’hospitalité, sous la forme de couvertures et de chocolats chauds. Mes larmes de crocodile au bout du combiné avaient fait leur petit effet, si bien que derrière leur bureau, chaque policier s’était apitoyé sur mon sort : « Boohoo, my mommy has killed herself ! Boohoo, I’m a poor boy with no family ! » Imbéciles de poulets. Ma grand-mère maternelle hérita donc de ma garde, tandis que Sara, ma sœur, fut placé dans un foyer lointain. Je n’ai jamais eu plus de détails la concernant. J’en ai souffert. Un peu. Nous avions été séparés pour nous soustraire au retour de notre père, ce dernier étant introuvable et connu des services de police. Moi, je n’avais qu’une idée en tête : tourner la page. Et principalement, je brûlais d’impatience de passer de l’ombre à la lumière, de devenir quelqu’un. En cette fin d’après-midi du douze avril deux-mille, mon existence avait pris une tournure inattendue, savoureuse comme un pancake retiré prématurément du feu, car j’avais commis bien plus qu’un simple meurtre, je m’étais abreuvé de l’art de tuer et du pouvoir qui en découlait. Je rêvais de tuer ma mère depuis mon plus jeune âge, et maintenant que c'était fait, j'en voulais davantage.

Ma grand-mère était une vieille veuve sénile, qui me désignait par tous les noms, excepté le mien : celui de son beau-fils, celui de son mari récemment décédé, et parfois même celui de sa fille dont elle n’assumait pas encore la mort. A contrario de cette dernière, elle était foncièrement bonne, clamant la religion pour seule compagne. Elle me gâtait avec une multitude de présents et passait son temps à se préoccuper de ma santé lorsqu’elle présumait que j’abordais une rechute. Je me rappelle de ses palmes de velours qui venaient s’échouer contre mes pommettes, la peau ondulant au contact de la mienne dans un geste fluide de bienveillance. Mrs Gloria Bonnell sentait le raffinement du bois de santal et du musc, la sérénité des femmes esseulées, l’élégance des sages maîtres, mais elle ne cessait de radoter le prénom de son enfant disparu, et qui plus est, me mêlait à son deuil en affirmant, la voix fêlée, que je lui « ressemblais tellement. » Sa main pressée contre mon visage, le regard bleu rivé sur le mien marron, elle luttait avec la fierté des reines pour ne pas fondre en sanglots. Ma grand-mère était une dame admirable et elle m’a légué une fraction de son savoir, de son esprit combattif, et de son charme apparent. Je le reconnais. Sans-doute était-elle très belle dans sa jeunesse.

Le jour de mon entrée à l’université, je me souviens qu’elle était heureuse et fière comme jamais, pimpante comme si elle avait eu trente ans de moins. Dans le hall de dentelles et de crochets, elle s’était mise à ajuster rigoureusement ma veste de costume, dépoussiérer les épaulettes, lisser les froissements de mon pantalon ; elle s’était armée d’une aiguille pour recoudre patiemment les coutures fragiles, consolider les plus vulnérables et elle trouvait – oh, elle n’arrêtait pas de le dire – elle me trouvait beau, beau comme un acteur de cinéma, beau comme Cary Grant. Alors qu’elle s’activait du mieux qu’elle pouvait, craignant que je ne sois en retard, je lui avais souri, magnanime, tandis qu’elle avait posé une nouvelle fois sa main sur ma joue, avec ce même air mélancolique qui lui seyait à merveille.

- Tu vas toutes les faire craquer.

Son ton rassurant faisait vibrer mes oreilles, et je lui souriais de plus belle. Elle embrassa ma joue, sans laisser de trace de rouge et me pressa ensuite vers la sortie, mais avant que je n’aie pu saisir la poignée de la porte, je l’entendis s’agiter derrière mon dos.

- Une seconde, s’écria-t-elle en brandissant un gros appareil photo. Je serai bête de ne pas immortaliser ce moment.

Je fis donc volte-face pour adopter une pose digne de ce nom. Droit et souriant. Un clic. Et le flash m'illumina.





CHAPITRE 1

25 mai 2005




Je roulais à toute vitesse le long de l'autoroute, les balais d'essuie-glaces frottant vigoureusement le pare-brise déjà noyé sous le déluge. C’était une cacophonie sans nom. Un raz-de-marée polyphonique. L’eau déferlait à grosses gouttes sur le capot. À cela s’ajoutait le vrombissement du moteur qui avait au moins l’avantage de me maintenir concentré sur la chaussée, plutôt que sur ce que je transportais dans le compartiment à l’arrière du véhicule. Les réseaux d’étoiles nimbaient la nuit d’encre, et je me trouvais à bouger, à m’avancer sur mon siège, dans l’espoir de recouvrer une visibilité convenable. Goddammit. Je n’avais vraiment pas besoin de me dandiner comme un connard de camé sous lsd, en particulier quand je dissimulais la preuve de ma culpabilité dans le coffre de MA voiture. Et l’allumage des feux de route n’y faisait rien, le comble. Il fallait impérativement que je regagne mon pâté de maison, et ce sans éveiller le moindre soupçon. Autant statuer tout de suite que c’était une tâche ardue. Voyez-vous, je serais un affabulateur si je prétendais m’être sorti indemne de ce carnage, car en vérité, la situation s’était envenimée promptement et j’avais eu une chance monstre de ne pas m’être fait repérer par de potentiels témoins. La victime avait tenté le diable en s’époumonant, mordant et griffant ; en se déchainant sur la portière qu’elle avait cherché à ouvrir en vain. Rien n’est comme au cinéma. Étrangler un individu ne peut se réaliser que si on a, au préalable, jaugé la force du sujet ; soit on joue aux imbéciles en sous-estimant ses capacités, soit on prend toutes les précautions possibles pour vaincre. Ce n’est pas facile de tuer. Cela requiert bien plus qu’une arme et une stature, cela requiert la motivation et la compétence à anticiper ce qu’une chose au bord du gouffre est capable de faire. On poignarde une fois un corps et nous voilà embêté par des geysers de sang qui grillent notre simulacre de normalité. On peut tourner la scène en boucherie ou être assez fin pour inclure un souffle d’ordre dans le tableau. Question de bon sens. Dans mon cas, j’avais paniqué un chouïa, lorsque je m’étais aperçu qu’au bout du quatrième coup de couteau, sa poitrine continuait à se soulever. La strangulation avait été certes un piètre mouvement pour l’achever, mais elle avait eu le mérite de raviver mes délicieux fantasmes, alors que je tenais fermement entre mes doigts son large cou d’albâtre. La chose avait finit par s’éteindre, non sans mal. Je l’avais frappé au visage à de nombreuses reprises, et l’or rouge dévalait encore les boursouflures de ses joues au soulèvement de la cinquième portière. Arrivé à destination, je fis vœux de prudence en condamnant les ouvertures et en tirant les rideaux ; en taisant le téléphone et la télévision. Ainsi, je m'accordai un moment d'intimité avec la Mort.

Un verre de vin. Un pavé de viande. Une cuillerée de Mac and Cheese. Je mourrai de connaître le goût d'un tel met, de vérifier les dires de William Seabrook. Ou de les démentir. Sans me faire prier, je m’attaquai alors vivement à mon assiette. En apparence, la nourriture fondait sous la lame de mon couteau et les morceaux que j’avais auparavant engouffré dans ma bouche se détachaient les uns des autres sans peine ; des filaments éparpillés un peu partout enveloppaient mon palet, tandis que ma langue astiquait la surface carnée, la mastication presque inutile en raison de l’absence de gras et de nerfs. Cette expérience, que dis-je, cette montagne russe de saveurs, cette explosion de tendresse, cet apogée des plaisirs et des délices tabous ranimait chez moi l’âme du bestial millionnaire, de l’irrésistible carnassier, du cueilleur de chair dont les ambitions se voyaient maintenant accomplies. Je porte à mes lippes une pincée de vos coussinets musculaires, je recueille au creux de mes dents le soupçon de vos articulations et je lape votre nectar de vie. C’est ainsi que je gains la puissance de votre anatomie et la complexité de votre être, je l’absorbe. Littéralement. Et lorsque vos os sont dégarnis de victuailles, lorsque votre carcasse ne transpire que vide abomination et vile décomposition, je vous démembre, je vous jette dans des sacs poubelles et je vous fais disparaître. Je fais disparaître les encombrements. Mais ce que vous ignorez, c’est que même post-mortem, j’ai eu la mainmise sur vous. Je vous ai possédé.

Vous pouvez penser que nous sommes semblables, que nos consciences sont semblables et que nous partageons les mêmes affres, les mêmes interrogations ; deux hommes à la dérive sur le cercle vicieux qu’est la vie. Si vous le pensez, vous êtes illusionnés. Et moi, illusionniste. Car, vous avez beau sentir la paume de ma main contre la vôtre, voir un sourire se dresser sur mes lèvres, et attendre de moi une véracité dans mes réactions à votre égard, ce que je transparais ne sont que des larcins. Des faux-semblants destinés à vous attendrir. Je vous ai probablement tué trois fois dans ma tête. Lacéré comme un cochon, égorgé comme un bœuf. J’ai tellement aimé cela que j’en ai gardé un souvenir. Et votre visage gâté n’en a que plus embaumé mes rêves.





CHAPITRE 2

27 février 2017




Rive du lac de la forêt de Sawtooth. Température fraiche. Taux d'humidité élevé. Huit heures trente cinq du matin. Policiers aux aguets.

- Elle a des lésions sévères sur le haut du crâne. Il a dû la frapper plusieurs fois avec un objet en métal, pied de biche peut-être. Un vrai acharnement. Vu l’état de ses poignets – les marques violettes que vous voyez là – elle a été attachée. Il a beaucoup serré, au point de lui couper la circulation sanguine. Probablement pour son propre plaisir.
- Épouvantable.
- Des indices sur l’identité de la victime ?
- Aucuns papiers n’ont été trouvés aux alentours mais nous pensons qu’il s’agît d’une prostituée.
- Qu’est-ce qui vous fait dire ça ?

Le médecin légiste s’éclaire la gorge, visiblement embarrassée par la question de son supérieur. Même si elle lutte pour ne pas trahir son collègue fervent d’activités sexuelles, celui-ci glousse à ses dépends, n’échappant pas ainsi à la vigilance autoritaire de son chef.

- Je vois, soupire ce dernier.
- Commissaire, s’élève une voix dans la tumulte d'uniformes noirs, sauvant la mise au fauteur de troubles. Commissaire, on a besoin de nous dans le centre ville.
- Quel est le problème ?
- Les gangs, monsieur.
- C’est pas vrai, grogne t-il. Bon, Dumas et Boissiet avec moi ! On a de la racaille à mater et que ça saute ! Et vous, remballez-moi ce cadavre, direction la morgue en vitesse.

Les officiers qui encerclent la scène de crime obtempèrent, pendant que Kenton Teddy Lawson s’éloigne, gorgé d’une détermination enragée, qu’il laisse éclater, avant de s'engouffrer à l'intérieur de sa voiture de fonction.

- On l’aura ce fils de pute !

Portières fermées. Rétroviseurs ajustés. Ceintures attachées. Moteur en marche. Policiers aux aguets.

■■■

- Larry Atsan Mantis !

Une volée d'acclamations se dérobèrent des gorges des convives, tous assis en rang d'Oignon sur des cabriolets aux imprimés fleuris. Les nantis d'Elysian Fields se pâmaient au faufilement de la célébrité du jour, du richissime organisateur de ce gala de bienfaisance, j'ai nommé : moi. Mon allure se faisait de plus en plus pressante à mesure que j'approchais de la scène et du pupitre où se tenait mon ami proche et camarade de médisance. Jacob passa sa main dans mon dos, avant de regagner son fauteuil de manière furtive et appliquée. Quel frimeur celui-là.

- Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, prononçai-je, le timbre amplifié par la puissance du microphone. Vous ne me connaissez désormais que trop bien. Moi. Votre hôte bien-aimé. PDG de la Cosmantis Industry. Et si je ne m'abuse, tombeur de ces dames...

Je remarquai les ricanements minaudées de certaines jeunes filles dans l'assistance, devenues rouges en réponse à mon aparté dissimulée par un brin d'humour.

- Il est vrai que j'ai fait mon petit bonhomme de chemin, repris-je.
Ce ne fut pas toujours facile. Mais je ne tiens pas à revenir sur cette période sombre de ma vie, je vous gâcherai la soirée à coup sûr ! En revanche, je voulais, du fond du coeur, vous remercier d'avoir eu le courage et l'amabilité de vous déplacer jusque ici, afin de tendre la main aux plus démunis. Ces enfants, ces petits Africains du Burkina Faso rêveraient d'être à nos places à l'heure qu'il est, d'avoir assez de vivres pour subvenir à leurs besoins essentiels, et surtout d'avoir un accès libre et permanent à une éducation de qualité. Comme vous devez le savoir, les fonds que nous récolterons ce soir seront versés à des organisations humanitaires dont l'objectif est d'encourager la construction d'écoles dans ce pays notamment. Nous devrions en faire notre priorité. C'est d'ailleurs ce pourquoi la Cosmantis Industry s'engage en proposant des produits naturels et intelligents. Lorsque j'ai fondé cette entreprise de cosmétiques, il y a de cela huit mois, je ne me doutais pas qu'elle aurait pris autant d'ampleur en si peu de temps. On me disait alors : "Larry, c'est de la folie. Tu vois les choses en trop grand. Renonce." Je suis heureux aujourd'hui de n'avoir pas écouté un traître mot de ces vilains pessimistes. Car mon chiffre d'affaire a, lui, grimpé en flèche. Tout s'est enchaîné très vite. Ce succès, je le dois à ma femme. Ma chère Mildred qui s'est éteinte en me léguant ce qu'elle chérissait. Vous la connaissiez. Elle était des nôtres. Mildred était prête à remuer ciel et terre pour obtenir ce qu'elle voulait. Et elle voulait de cette entreprise. C'était son rêve.

Je fis signe à un serveur de m'apporter une coupe de champagne. Un Armand de Brignac.

- Mes amis, ajoutai-je en retirant la coupe du plateau et en la levant.Je porte un toast en son honneur !

La salle s'enflamma. Les invités levèrent leur coupe à l'unisson. Je descendis après avoir goûté à l'alcool, les quelques marches gravies tout à l'heure pour saisir mon instant de gloire, et me créai plutôt un chemin parmi la foule dense qui s'était aussitôt fragmentée en plusieurs cellules de discussion. Quelle surprise ce fut d'être abordé par une femme ravissement apprêtée dans son tailleur lilas.

- Monsieur Mantis, je vous présente toutes mes condoléances, commença-t-elle tristement. Votre épouse était très appréciée dans notre cercle de connaissances. Nous la regrettons énormément.
- Merci. Malheureusement, la maladie l'a emporté. Un véritable foudroiement, au vu de son âge avancé. Elle est restée digne jusqu'à la fin, c'est le principal. Mais pardonnez-moi, vous êtes ?
- Angelica Smith, fit-elle en me serrant délicatement la main. Je suis styliste de mode.
- Oh, comme c'est intéressant. N'avons-nous pas déjà collaboré par le passé ?
- J'ai bien peur que non, mais cela ne saurait tarder.

Nous parlâmes affaires pendant une poignée de minutes. J'avais eu vent des créations d'Angelica Smith ainsi que de sa vie, ce qui m'offrit l'occasion d'embrayer sur un tout autre sujet de conversation.

- Et comment se porte votre fils, madame Smith ?
- Oliver se porte à merveille, merci de vous en inquiéter. Il est entré au conservatoire. Vous devriez l'entendre jouer, c'est une perle quand il tient un violon dans ses mains !

Elle continua ainsi à déblatérer informations sur informations à propos de son garçon. Et je commençais à regretter de lui avoir posé une telle question. À vrai dire, je n'écoutais pas. Difficile de mettre un terme à son caquetage. Le même que celui des poules de basse-court. Ce qui était généralement pour moi une simple formalité, s'était transformé en un tourbillon infernal de nuisances sonores.

Je jetai un coup d'oeil sur les silhouettes nous environnant. Dieu sait combien elles étaient ! Et pourtant, parmi ces silhouettes qui caquetaient sans cesse, qui s'égosillaient pour des broutilles, je me sentais seul. Terriblement seul. Ma coupe était vide. Je me demandais si les gens prêteraient attention si je fermais les yeux. Alors je le fis. Et rien de spéciale ne se passa à l'extérieur de mon esprit. Non. Tout ce qui changea était ma perception du monde. J'étais laissé là, en tête à tête avec mes fantasmes. Et le manque se faisait sentir plus fort qu'à l'accoutumée. C'était à la fois beau et dérangeant de s'imaginer ce qui pouvait se passer, mais ce dont on était sûr que cela ne se passera pas. Parce que même si j'avais très envie de trancher la gorge de tous ces petits péteux du coin, je ne le pouvais pas. Il fallait me rabattre sur un autre objet. Un autre objet dont je tairais la présence, à qui j'ôterais toute personnalité, toute unicité et que je chosifierais complètement. Un pantin en somme.

Craignez-moi.

Je suis le plus gros fils de pute que vous pourrez rencontrer.




Dernière édition par Larry A. Mantis le Mar 22 Aoû - 6:59, édité 1 fois
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Felix Ahn
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MessageSujet: Re: Faites entrer le loup dans la bergerie.   Mar 20 Juin - 18:36

OMG  cyclops

Tes particularités sont si longues que j'ai cru que j'allais mourir. Mais non, comme toujours tu sais ravir avec quelques mots seulement ! Et que c'est beau *u*

J'ai TELLEMENT hate de voir l'histoire, tu t'en doutes.

Sur ce, je retourne me lamenter sur mon style littéraire des plus basique xDD
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Cynthia Holloway
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MessageSujet: Re: Faites entrer le loup dans la bergerie.   Mar 20 Juin - 19:09

Viens! Allons pleurer ensemble!//SBAF//

Plus sérieusement! Soit quand même fière de ce que tu écris! Parce que d'autres personnes admirent ton écriture aussi! (*tousse* Misaki et moi *tousse*)

Et toujours bienvenue à Larry notre psychopathe préféré autant aimé que détesté ! =D

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Destiny
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MessageSujet: Re: Faites entrer le loup dans la bergerie.   Mer 23 Aoû - 2:02

C'est une validation !


Validé.

En attendant n'hésite pas à compléter ta fiche de profil si ce n'est pas déjà fait, à poster une fiche de lien par ici et une fiche de RP par .

Tschüss !


DEV NERD GIRL

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MessageSujet: Re: Faites entrer le loup dans la bergerie.   

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Faites entrer le loup dans la bergerie.
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