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 La dormeuse de Sawtooth [Pv: Aurore]

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MessageSujet: La dormeuse de Sawtooth [Pv: Aurore]   Mer 21 Fév - 11:18



La dormeuse de Sawtooth
Avec Aurore Dumas


When you're not well and it gets worse.

Le sol craquait sous chacun de mes pas. La forêt était entièrement gelée, il était difficile de croire que l'hiver s'achèverait bientôt.

Je n'avais pas réussi à dormir de la nuit. Comment aurais-je pu ? Mon oncle avait appelé. Et ce que j'avais appris… Je refusais d'y croire. Pourquoi maintenant ? Je devais sortir. Que j'aille n'importe où mais que je ne reste pas à l'intérieur. J'étouffais. L'appartement m'avait soudainement semblé trop étroit, alors j'étais sortie, et étais désormais dans le froid de la forêt de Sawtooth, à marcher sans but précis dans le silence causé par la neige. Je fixai quelques secondes le soleil se lever enfin. The dawn.

J'avais les larmes aux yeux, et reniflais comme une enfant. Personne ne me voyait de toute façon. J'étais seule, alors je pourrai bien crier, pas un ne le remarquerait, ne l'entendrait. Et c'est ce que je fis. De toutes mes forces. Je n'avais rien résolu concernant Oliver Smith, Daisy avait disparu du jour au lendemain, et GrandmaGrandma était…


* * *


Cynthia Holloway, 9 ans

- Tu te débrouille plutôt bien Cynthia.

- Ah !

Je me retourne, et cache mon dessin. Je ne l'ai pas entendue arriver.

- Grandma !

Elle est penchée au dessus de moi, qui dessinais sur une feuille par terre. J'ai encore mes crayons en main.

- Hmm… Tu dessines souvent les mêmes personnages. Pourquoi n'écrirais-tu pas une histoire à partir de là ?

Elle remarque toujours tout. Je la regarde avec de grands yeux, hésitante. Puis je finis par lui répondre :

- … C'est une bonne idée !


- Tu voudras bien me les montrer ?

- Un jour oui ! Mais seulement quand j'aurai fini…

Elle rit. Son rire est chaleureux, rassurant.

- Très bien j'attendrai !


* * *


- … Morte ? Répétai-je, la gorge sèche.

A l'autre bout du fil, mon oncle me confirma ce qu'il avait dit quelques secondes plus tôt. Celle que je considérais comme ma grand-mère était… Partie. Elle avait pu vivre jusqu'à la fin dans sa maison de campagne, et était restée lucide. Mais… Je ne l'acceptais pas. Je ne parvenais pas à l'accepter. Elle était celle qui m'avait encouragée à écrire en premier lieu, et j'étais censée lui montrer mon histoire une fois qu'elle aurait été terminée. Elle avait répondu qu'elle attendrait. Mais à présent, c'était trop tard. Les carnets de Saria n'avaient jamais eu de fin. Et je ne parvenais pas à avancer dans mon récit actuel. Ma parole n'avait pas été tenue. La personne à qui j'avais accordé le plus de confiance, plus encore qu'à ma tante, était morte.

She was gone and I hated this. I hated this so much…

Je repris ma marche. J'avais mis court à la conversation avant d'apprendre la date de l'enterrement. Je ne voulais pas la connaître, tout comme je refusais de croire à son décès en l’apprenant. Pourtant…

. . .

La mort a une façon bien étrange de nous rappeler qu'elle existe.

Le ciel s'était couvert, et la neige recommença à tomber. Il s'agissait certainement des dernières chûtes avant le printemps… Raison de plus pour détester cette saison. Son arrivée avait signifié la fin d'une personne que j'aimais. Après avoir crié, j'avais longuement fixé mes pieds, immobile. Puis j'essuyai mes larmes de ma main. J'avais suffisamment pleuré. Mais l'amertume, la déception envers moi même, elles, n'avaient pas disparu. Durant quelques secondes, je me demandai si on avait pu m'entendre. … No way. Il n'y avait personne ici. Je m'étais enfoncée plus profondément que d'ordinaire dans les bois pour cette raison. Parce que personne ne pourrait m'entendre.

Alors pourquoi avais-je comme l’ombre d'un mauvais pressentiment ? Je rebroussai chemin. Je pensais être partie suffisamment loin, il était temps de rentrer. Les empreintes que j'avais laissées en arrivant étaient déjà presque effacées par la tombée des nouveaux flocons. On aurait presque dit que je n'étais jamais venue. Sous ce manteau blanc, la forêt semblait inchangée, arrêtée dans le temps. Ou presque.

Quelque chose avait changé. Je m'arrêtai. Une forme dépassait d'une fine couche de neige. Un animal ? Non. Je m'approchai. … Des cheveux. Puis un pieds. Enfin…


Une femme jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,


Un corps.


Dort ; elle est étendue dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit blanc où la lumière pleut.


Que faisait-elle ici? Et surtout… Dans cet état? Était-elle… Pas de doute. Je reculai de quelques pas. Nous semblions avoir le même âge, mais peut-être était elle un peu plus jeune. Je frissonnai en remarquant les traces de pas qui partaient de la jeune femme. Je les suivis des yeux, lentement, une par une. La personne à qui elles appartenaient – peut-être un homme – disparut entre les arbres. Je n'avais pas osé bouger. M'avait-il vu? … Pitié faites qu'il ne se soit pas retourné…


Les pieds dans la neige, elle dort. Souriante comme
Sourirait un enfant malade, elle fait un somme :


Pouvait-on encore parler de sommeil dans cet état ? Alors que des flocons s'étaient posés entre ses cils ? Ou même considérer qu'elle souriait ? Peu importe. Son expression m'était malsaine. Elle semblait apaisée alors que rien dans ce contexte ne prêtait à l’apaisement.


Nature, berce-la chaudement : elle a froid.


Elle semblait gelée. J'avais durant une seconde approché ma main, « Ne la touche même pas. » mais m'étais ravisée. … Peu importait les efforts mis en œuvre, il serait impossible de la réchauffer. C'était trop tard. Tout comme celle que j'avais considérée comme ma grand-mère, elle était morte.

Elle était allongée sur le ventre. Le sang semblait être sorti de tous les pores de sa peau. Majoritairement sec, parfois encore légèrement humide… Il semblait y en avoir beaucoup trop par rapport à sa taille. Je commençais seulement à me rendre compte de ce que j'avais sous les yeux, et c'était une chose que je n'aurais jamais voulu voir. Elle ressemblait davantage à une poupée de chiffon dont on se serait débarrassé qu'à un réel être humain. A croire qu'en la laissant allongée sur le ventre ainsi, nue et pleine de sang, on s'en était lassé.

Je m'interrogeais. Cet homme que j'avais brièvement aperçu… Pouvait-il être ?…

Je devais reprendre mes esprits. Je m'assis, à un bon écart du corps, avant de passer mon visage entre mes mains. Je n'y parvenais pas. Que devais-je faire alors que mes pensées allaient dans tous les sens, s'entrechoquaient et m'affirmaient tout et son inverse ? Je n'étais même plus capable de savoir si mes tremblements étaient dus à la peur ou au froid.

Quelle vie avait-elle pu avoir avant d'être trouvée ici ? Certainement celle d'une étudiante aux vues de son âge. A moins qu'elle ait arrêté ses études ? « Arrête. Ne la fais pas te ressembler. » Peut-être vivait-elle encore chez ses parents. Ou peut-être pas. Elle avait très bien pu quitter le domicile familial pour vivre sa propre vie. « Tais-toi. » Qui avait causé sa mort ? L'homme de tout à l'heure ? Le connaissait-elle ? Je frissonnais à l'idée qu'elle ait pu le suivre de son plein gré, pensant savoir qui il était. «  » Ou c'est lui qui l'avait suivie sans qu'elle ne s'en rende compte, pour ensuite… « I said shut. Up. » …

… Quelle était la première chose à faire dans cette situation ? Appeler la police. Clairement. Sans m'en rendre compte, j'avais serré les poings. … Ne pas s'en occuper. Rester concentrée sur ce qui doit être fait. J'inspirai, et sortis mon portable de ma poche. Je sélectionnai l'un de mes contacts, et appelai. La sonnerie retentit trois fois.

- … Aurore ?…

Ma voix était tremblante. Je déglutis.

- L'offre de boire un verre ensemble tient toujours ? Haha…

Mais il n'y avait rien de drôle. Je me mordis la lèvre inférieur avant de reprendre, la tête plongée dans une main.

- … J'aurai vraiment voulu ne jamais avoir à vous appeler pour ça.

Je sais que j'aurai dû appeler la police au lieu de l'appeler directement. Mais… Ne pouvais-je pas choisir qui serait la personne qui décrocherait au moins cette fois ? Même si cela pouvait sembler égoïste ?

La police finit par arriver sur les lieux, après des minutes ou des heures qui me parurent interminables. Trempée, je tournai des yeux vides vers eux. J'étais fatiguée. Fatiguée de toujours avoir l'impression de faire le mauvais choix. Fatiguée de regretter des actes. Fatiguée enfin d'avoir été – une nouvelle fois - au mauvais endroit, au mauvais moment.

Oui. La mort a une drôle de façon de prouver son existence. D'abord Grandma, et à présent, le cadavre à moitié gelé d'une inconnue. Qui, si l'on omettait les détails sanglants, aurait réellement pu paraître endormie. La qualifier de « dormeuse » temps que son nom m'était inconnu me semblait un peu mieux que de « cadavre ». Que je lui donne une identité temporaire était la seule chose que je puisse faire pour elle désormais. Elle serait donc…

La dormeuse de Sawtooth.




Poème d'origine:
 

CSS par Gaelle

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“You don't know me, and it doesn't really matter. I don't know me either.” If my life was a story, it would be the one of a little girl who couldn't regain her lost memory. … Maybe I could write a better tale if I truly wanted it. But do I want it ? - “I can't go back to yesterday because I was a different person then” Lewys Carroll. | Cynthia thinks in #FF9933

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MessageSujet: Re: La dormeuse de Sawtooth [Pv: Aurore]   Mar 27 Fév - 14:25

La dormeuse de Sawtooth

Cynthia Holloway

J’étais tranquillement installée dans mon bureau, concentrée sur un dossier en cours, buvant mon café dans mon nouveau mug orné de mosaïque. Je refis mon chignon après avoir ébouriffé mes cheveux pour me gratter la tête. J’étais bloquée sur cette enquête qui me prenait la tête depuis plusieurs semaines maintenant. Je n’arrivais pas à trouver un quelconque indice sur l’identité de celui qui aurait pu tuer les victimes. J’étais donc dans une impasse jusqu’à ce qu’un autre meurtre n’arrive. Je ne pouvais pas supporter cette idée, qu’à cause de mon incapacité à trouver le coupable que d’autres personnes puissent mourir sans qu’on ne puisse rien faire… Et malheureusement un meurtre avait eu lieu plus tôt que ce que j’aurais pu penser...

Mon portable se mit à sonner. Je posai ma tasse sur ma table de travail, loin des papiers. Même si ceux-là étaient plastifiés je préférais les savoir hors de portée d’un liquide quel qu’il soit. Je vis s’inscrire sur l’écran le prénom de Cynthia. Cela faisait longtemps que je n’avais pas eu de nouvelles de la jeune femme, je pris le mobile et décrochai. Le ton qu’elle prit à l’autre bout du fil m'inquiéta. Il n’était pas pareil que la dernière fois et je craignais le pire.

Oui ça tient toujours pourquoi ? Tout va bien ? Ta voix est bizarre.


… J'aurai vraiment voulu ne jamais avoir à vous appeler pour ça.


Elle m’expliqua alors la situation dans laquelle elle était. Mon sang se figea, je n’ose même pas imaginer l’horreur de la scène qu’elle doit avoir sous ses yeux. Je lui ordonnai de ne pas bouger de là où elle se trouvait et de me dire exactement sa localisation. Bien évidemment il s’agissait du jour de congé de Guillaume et je ne pouvais pas décemment pas le contacter pour m’accompagner… Gregory passant par là, je l’interpellai pour qu’il vienne. Il n’eut pas le choix que d’accepter de toute façon. Je pris mes affaires à la volé et j'appelai des collègues en renfort, un médecin légiste et je prévins le commissaire. Puis nous partîmes tous les deux dans ma voiture à toute vitesse. Pas vraiment correct pour un flic me direz-vous mais le temps nous était compté pour l’instant.

Nous arrivâmes les premiers sur le lieu où Cynthia avait retrouvé un cadavre. Je criai son nom et elle me répondit d'une petite voix. J'ordonnai à Gregory de regarder le corps pendant que je m'occupai de la jeune femme. J'hésitai un moment mais la voyant ainsi, toute tremblante avec un visage décomposé et choquée je la pris dans mes bras en caressant ses cheveux et son dos. La voir ainsi me brisait le cœur. Pourquoi elle? Sur toutes les personnes de cette ville il a fallut que ce soit elle. Même moi la vue de cette femme couverte de sang me mettait mal à l'aise alors que j'ai l'habitude. La pauvre Cynthia, je n'imagine même pas ce qu'elle doit ressentir... Je sentis son corps trembler au creux de mes bras tandis qu'elle s'y blottissait. Je décidai de la rassurer en lui parlant. Ma voix se fit donc douce contrairement à d'habitude.

Tu as été courageuse Cynthia, bravo. Tu as fait ce qu'il fallait faire, ne t'inquiète plus c'est terminé maintenant...


J'entendis les renforts arriver. Le médecin légiste arriva en dernier et sortis un "Et bah. C'est pas joli à voir.". En même temps qu'est-ce qu'il espérait? C'est le corps d'une victime! Je vis ensuite un policier s'avancer vers nous, un carnet à la main. Je lui fis signe de ne pas approcher plus.

Je m'occuperai de la questionner, occupez-vous du corps.


Je lançai un regard vers la victime et serrai les dents. Je repensai à mon enquête. Ce malade court toujours et peut toujours tuer des gens si je ne me bouge pas plus. Si ça se trouve c'est encore lui. Mais comment en être sûr il y a tellement de criminels dans cette ville... Je détournai le regard et lâchai mon étreinte. Avec une main dans son dos, je l'emmenai un peu plus loin pour être tranquille et qu'elle ne voit plus le cadavre de la jeune femme. Je la fis s'asseoir sur une souche tandis que je posai un genou au sol. Je sortis mon carnet et un stylo. L'interrogatoire allait devoir commencer...

Tu vas mieux? Je suis désolée, je ne peux pas te servir à boire pour le moment... Mais comme tu dois te douter il va falloir que je te pose quelques questions. Tu penses que tu en seras capable?


Elle me répondit qu'elle était prête. Je lui offris un petit sourire comme pour lui dire que tout allait bien se passer.

Pour commencer, que faisais-tu ici, dans un endroit aussi reculé de la forêt, ce n'est pas commun comme endroit pour se promener...


Je m'en tenu à cette question pour le moment, je n'avais pas envie qu'elle se sente harceler par mes questions après ce qu'elle venait de vivre.

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MessageSujet: Re: La dormeuse de Sawtooth [Pv: Aurore]   Dim 4 Mar - 2:07



La dormeuse de Sawtooth
Avec Aurore Dumas


I'm happy you were here

Lorsque finalement une voix m'interpella, la neige m'avait presque autant recouverte que la jeune femme face à moi. Immobile, je n'osais bouger. Je ne répondis que par un faible « je suis-là » ou « ici ». Je ne sais même plus si j'ai réellement répondu. J'étais trop occupée à fixer ce qui était devant moi. Mes yeux s'étaient reposés sur la dormeuse et ne parvenaient plus à s'en détacher. Pourquoi avais-je l'impression que mon destin serait désormais lié au sien ? J'entendis celle à qui appartenait la voix se rapprocher et arriver à ma hauteur. Je ne tournai pas la tête vers elle. J'en étais incapable. Je ne voyais que la femme sous mes yeux, dont le visage et le corps resteraient ancrés dans ma mémoire. On m'enlaça. C'était Aurore. Je me blottis dans ses bras, et pus enfin fermer les yeux. Tandis qu'elle passait doucement sa main dans mes cheveux, et qu'elle me caressait le dos, je l'entendis dire d'une voix rassurante :

- Tu as été courageuse Cynthia, bravo. Tu as fait ce qu'il fallait faire ne t'inquiètes plus c'est terminé maintenant.

Mon cœur, qui battait fort dans ma poitrine au point que j'avais cru qu'il s'en échapperait, commença à ralentir. Je me sentis progressivement cesser de trembler. La jeune femme avait quelque chose qui me rassurait. Elle était similaire à un bouclier infranchissable, me protégeant le temps de cette étreinte du monde extérieur. For a little while, I was in peace… Mais lorsque j'entendis un homme commenter l'état de la jeune femme au sol, je rouvris les yeux. Les variantes de rouge qu'avait son sang contrastaient avec sa peau et la neige nous entourant. Elle était toujours là, inchangée dans sa robe blanche. Les tremblements reprirent. Une robe blanche. C'est ce que porterait Grandma lorsque… Je cachai mon visage dans les bras de la lieutenante, pris une grande inspiration, expirai un bon coup. « Ne pas la regarder. Ça ne fera qu'empirer les choses… » Aurore s'adressa à quelqu'un s'étant sans-doute approché, mais que je ne pouvais pas voir. Elle s'occuperait de me questionner.

J'aurai aimé rester dans ses bras et ne plus penser à l'extérieur. Le fait d'y être me rappelait une vague chaleur familière, qui m'apaisait. Aurore me faisait penser à la grande-sœur que je n'avais jamais eu. Si elle l'avait été, les choses auraient peut-être tourné différemment… Mais l'étreinte s'arrêta, et la lieutenante dû reprendre son rôle. Elle m'éloigna de la dormeuse, que j'essayais de ne plus regarder, puis me fit asseoir sur une souche d'arbre. Lorsqu'elle fut installée face à moi, ce fut de sorte à ce que je sois légèrement plus grande qu'elle. Cela me fit penser à un adulte réconfortant une enfant.

- Tu vas mieux ? Je suis désolée, je ne peux pas te servir à boire pour le moment…

Même faiblement, sa phrase me fit sourire.

- Mais comme tu dois te douter il va falloir que je te pose quelques questions. Tu penses que tu en seras capable ?

- … Oui.

Comme pour répondre au mien, un petit sourire apparut sur ses lèvres. J'étais reconnaissante qu'elle soit ici, face à moi, à essayer de me rassurer et de me mettre en confiance. Si elle ne l'avait pas été… Je ne sais pas ce que j'aurais fait. Mais cela n'empêcha pas mon regard de se tourner vers mes mains, serrant le jean de mon pantalon lorsque sa question vint. Elle voulait savoir pourquoi j'étais partie si loin en forêt. Là était toute l'ironie de la situation. Je n'étais venue que pour une raison : la mort de Grandma. C'était cette unique raison qui avait causé ma rencontre avec la dormeuse de Sawtooth. Si l'on pouvait nommer cela une rencontre…

- Je n'allais pas très bien… Je… J'avais envie d'être seule… Alors je suis venue parce que… Je pensais que personne ne serait là je… Excusez-moi.

Mes mains resserrèrent leurs emprises sur mon pantalon. Je voulais dire la vérité. Je voulais parler, mais c'était comme si les mots ne parvenaient pas à sortir. Ils restaient bloqués dans ma gorge.

Tout ce que je parvins à faire finalement fut ce que je ne devais pas. Détourner le regard vers l'emplacement du corps, désormais entouré de policiers, au point que tout ce qui était percevable à présent n'était qu'une confuse tâche bleue.

- … Vous saurez bientôt de qui il s'agit… N'est-ce pas ?…

La dormeuse de Sawtooth ne pouvait pas être nommée ainsi éternellement. … Je ne la voyais pas d'ici et pourtant… Il était aisé de la visualiser aussi précisément qu'au moment où je l'avais vue. … Hahaha… Hilarious. J'étais incapable de me souvenir ne serait-ce que du visage de mes propres parents, par contre pour ce qui était de celui d'une inconnue, morte qui plus est… Je soupirai. Je n'avais pas souhaité détourner le sujet, mais mon esprit semblait vouloir s'échapper. Partir loin et ne jamais revenir. Mon esprit voulait partir, mais ma raison savait que je devais rester.


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MessageSujet: Re: La dormeuse de Sawtooth [Pv: Aurore]   Mer 2 Mai - 1:02

La dormeuse de Sawtooth

Cynthia Holloway

Mes collègues s'occupant du corps, je pris en charge Cynthia et dialoguai avec elle. Il fallait que je réussisse à lui soutirer des éléments pour cette affaire et qu'on puisse la faire avancer. Elle, mais aussi probablement d'autres. Je gardai ma position pour la rassurer et l'écoutai d'une oreille attentive. Aucune informations ne devait m'échapper. Elle me posai alors une question et je lançai un regard vers l'endroit où se trouvait le cadavre avant de lui répondre.


Si tu veux je peux tout t'expliquer. Tout d'abord le médecin légiste va nous aider à savoir l'heure et la cause de la mort de cette jeune femme. Ensuite quand nous retournerons au commissariat nous aurons le matériel nécessaire pour la reconnaître, particulièrement si une quelconque personne vient nous soumettre une disparition. Après si personne ne vient mais que nous trouvons son identité, il faudra contacter sa famille pour qu'elle nous confirme que ce soit bien elle dont il s'agit. Dans le meilleur des cas nous le saurons bientôt mais nous ne pouvons pas en être sûr à 100%... Je suis désolée de ne pas pouvoir t'assurer quoi que ce soit...


Je me sentais si mal. Je ne trouvais rien de rassurant à lui dire pour qu'elle s'inquiète au moins un minimum...  Pas un mot ne me venait. Je la voyais donc impuissante en train de s'agripper à son pantalon comme si elle allait tomber si elle le lâchait. Je ne pus penser à rien d'autre que de prendre sa main et de lui dire que tout allait s'arranger, qu'on trouvera ce criminel et qu'il fallait nous faire confiance. Oui, il fallait qu'au moins, moi j'y crois à cette hypothèse. Si je ne le faisais comment pourrait-elle être sereine plus tard? Je ne parle pas non plus des autres habitants de la ville. Je devais donc croire en moi, mon potentiel au travail et mes collègues. Pour cela je devais l'interroger encore un peu pour avoir toutes les cartes en mains.


Cynthia, je sais que c'est compliqué mais il va falloir que je te pose encore quelques questions... Tu penses que tu peux y répondre ou c'est trop pour le moment?


Je la regardai dans les yeux et la jeune femme acquiesça d'un mouvement de tête. J'esquissai un sourire et repris donc la parole tout en gardant sa main dans la mienne. Ce ne fut qu'au moment d'écrire que je dus la lâcher.


Tout d'abord il y a quelque chose que j'aimerai savoir. Tu m'as expliquée que tu souhaitais être seule au départ. Cependant je ne comprends pas pourquoi ici, dans un endroit aussi reculé au lieu de rester enfermée chez toi... Tu échappais à quelque chose ou à quelqu'un? Si c'est possible j'aimerais savoir ce qui t'as donné l'envie de te réfugier dans un tel endroit... Ce n'est pas très anodin que quelqu'un vienne là pour juste être seul, surtout aussi tôt le matin.


Je ne voyais pas ce qui avait pu lui arriver pour qu'une telle idée lui traverse l'esprit... Même moi je n'aurais pas choisi cet endroit pour m'éloigner de tous mes problèmes. Je me serais sûrement barricadée quelque part. Mais peut-être n'avait-elle pas ce luxe? Malgré tout je ne comprenais pas son jugement. Ou du moins pour le moment. Je continuai avant qu'elle ne réponde.


Aussi, j'aimerais savoir si tu as vu quelque chose de différent de d'habitude à part... Tu vois ce que je veux dire. Des traces de pas étranges, des marques bizarres ou même une forme ou quelqu'un. N'importe quelle information peut nous aider même si tu penses que ça n'a pas d'importance...


Je me tins prête à écrire à partir de ce moment précis. Je fus encore plus à l'écoute qu'avant pour pouvoir tout noter. Même si mes collègues se faisaient un peu plus bruyant, ce n'est pas pour autant que ma concentration eu faiblit. J'avais essayé de prendre le plus de pincettes possible pour parler avec elle mais discuter avec une témoin en état de choc n'est jamais une partie de plaisir... Il fallait juste que j'espère que Cynthia soit capable de me donner un minimum d'informations importantes pour que je puisse faire un rapport de qualité et qu'on coince ce salaud.

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MessageSujet: Re: La dormeuse de Sawtooth [Pv: Aurore]   

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