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 Ce qu'il se passe quand on s'endort au mauvais endroit... [Pv: Felix Ahn]

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MessageSujet: Ce qu'il se passe quand on s'endort au mauvais endroit... [Pv: Felix Ahn]   Lun 23 Oct - 16:08



Ce qu'il se passe quand on s'endort au mauvais endroit...
Avec Felix Ahn


Sweet Coffee

La matinée venait de passer à la bibliothèque. La pause de douze heure s'était terminée pour Mme Webster, c'était donc mon tour de partir manger. J'étais encore en haut d'un escabeau, à prendre le livre que l'on m'avait demandé précédemment. Je finis donc de le tirer, et descendis de ma hauteur, puis tendis l'ouvrage au client, qui me remercia. Je lui souris avant de ranger l'échelle au fond de la salle, son emplacement attitré. Puis je partis chercher mes affaires.

- A plus tard !

- Bon appétit ! Et n'oublie pas tes affaires aujourd'hui !

- Merci et oui je… J'essaierai !

Je me demande encore comment je peux réussir à oublier mon sac sur le banc d'un parc. Sur ce, je sortis de la bibliothèque, et pris mon sandwich rangé dans mon sac. Je baillai tout en le déballant. Strange…  Je n'avais pas l'impression d'être si fatiguée pourtant… Cette fois je n'avais pas pris de thermos. A croire que les choses arrivent toujours lorsque l'on si attend le moins. Je décidai de me rendre dans un café qui n'était pas très loin de mon lieu de travail, juste au cas où. Mais peut-être m'inquiétais-je trop. Il était peu probable que je m'endorme, et encore moins en pleine rue. On est jamais trop prudent j'imagine.

J'entrai dans le café, déclenchant le « ding » du carillon au dessus de la porte. Mais il paressait plein. Des groupes à chaque table, parlant de tout et de rien, enjoués pour la plupart. Je les enviais un peu. Just a little ! Eux savaient à quoi pouvait ressembler ce genre de rendez-vous entre amis. Néanmoins je ne pouvais pas m'en plaindre. J'étais celle qui hésitais trop à accepter les invitations lorsque l'on m'en donnait après tout ! Ironique quand on pense que j'aurai certainement apprécié d'y être finalement. But I don't trust easily. J'ai du mal à accorder ma confiance, et peux la perdre rapidement. Ce qui expliquerait peut-être mes hésitations fréquentes.

L'intérieur était assez sombre, mais convivial. Un carrelage brun recouvrait le sol, et les murs avaient un effet de briques, me faisant penser à l'intérieur d'une maison rustique. Les tables en bois arrondies étaient disposées de sorte à ce que les clients puissent - pour la plupart - voir l'extérieur, ce qui devait permettre de compenser le peu de lumière que possédait le lieu. Je me rendis au comptoir, et demandai si l'on pouvait me trouver une place. Le patron me répondit qu'il n'y en avait plus aucune à l'intérieur, mais que si cela ne me dérangeait pas, je pouvais toujours commander sur la terrasse. N'ayant pas suffisamment de temps – je n'avais qu'une heure de pause – pour ce qui était de chercher un autre endroit où commander, je choisis d'accepter.

Il faisait frais sur la terrasse. J'étais chanceuse d'avoir un manteau, ou j'aurai renoncé. Le froid de l'automne commençait à se faire sentir, mais pas encore suffisamment pour que l'on soit considéré en hiver, heureusement. Je commandai un café noir, espérant que cela suffirait à me réveiller, n'ayant aucune envie de m'endormir ici. En attendant, je regardais les arbres et leurs feuilles tombant progressivement. J'aime l'automne. Je trouve les couleurs des arbres en cette saison magnifiques. J'espérais d'ailleurs pouvoir retourner prochainement dans la forêt de Sawtooth, avant que toutes les feuilles ne soient tombées…

Mon café arriva enfin. Je payai immédiatement afin de pouvoir partir rapidement ensuite. J'en bus une gorgé, et manquai de me brûler. Combien de fois fallait-il me répéter de ne pas me presser pour ce genre de choses ? De toute manière il me restait encore du temps avant la fin de l'heure. Je sortis un calepin, mon carnet et un crayon. Puis je fis des croquis des arbres et des passants dans le calepin, avant de commencer à écrire dans mon carnet : « Note to myself : Don't drink a coffee just given ! You really have the head in the clouds ! » (« Note à moi-même : Ne boit pas un café venant d'être donné ! Tu as vraiment la tête dans les nuages ! ») et de dessiner sur la page une tasse de café ainsi qu'un personnage dont la tête était cachée par des nuages. Je souris en voyant le résultat, puis repris le croquis de mon calepin, la tête appuyée sur ma main gauche. Je pris quelques autres gorgées de ma boisson en parallèle. Et après… Qu'ai-je fais après ?… Je… Ne sais plus trop… Peut-être… Peut-être que…



Je me suis endormie.


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“You don't know me, and it doesn't really matter. I don't know me either.” If my life was a story, it would be the one of a little girl who couldn't regain her lost memory. … Maybe I could write a better tale if I truly wanted it. But do I want it ? - “I can't go back to yesterday because I was a different person then” Lewys Carroll. | Cynthia thinks in #FF9933

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MessageSujet: Re: Ce qu'il se passe quand on s'endort au mauvais endroit... [Pv: Felix Ahn]   Dim 5 Nov - 21:06

Ce qu'il se passe quand on s'endort au mauvais endroit...
Pv. Cynthia
- Oppa*, c'est quoi Halloween ?

En ce début d'après-midi, une fraicheur automnale avait envahit les rues d'Elysian Fields. De la cimes des arbres qui jalonnaient les avenues, tombaient en cascades des feuilles aux teintes orangées. Le ciel ainsi tacheté, paraissait alors comme d'un avant-goût de ce qui nous attendrait d'ici à quelques mois. Virevoltant délicatement jusqu'au bitume humide, ces faux flocons arboricoles venaient épouser le sol à la perfection en une mosaïque multicolore. Et ce avant qu'une voiture ne vienne les écraser, réduisant la beauté de l'automne en une bouillie marronnâtre, aussi laide que les trois grosses qui gloussaient à la table d'à côté.

J'enfonçais mes mains dans les poches de mon manteau.

- Halloween ? Ben c'est comme Chuseok*. Mais en plus cool.
- Chuseok ?
- Oui tu sais quand papa et maman vont déposer des fleurs a côté de l'urne de papy et mamie, dis-je en refermant sa petite doudoune.
- Aaaaaah.

Elle regarda son chocolat chaud avec de grands yeux, comme si son esprit enfantin s'était perdu des les méandres lactés de sa boisson.

- Et pourquoi c'est cool ?

Aux arrondis intrigués que prenaient ses petits sourcils, je devinais que ce n'était là que la première des questions qui trottaient dans sa tête. Réfléchissant quelques instants, je lui sourit. Puis, comme pour ne pas l'effrayer, je saisis les menus sur la table en un mouvement des plus lent. Plaçant celui des boissons à sa droite, et celui des cocktails a sa gauche je commençais cette piètre métaphore.

- Disons que ce menu c'est notre monde, commençais-je. Et bien ce menu là, c'est celui des morts. Le vide au milieu c'est la frontière qui les séparent, et qui empêche les mauvais esprits de venir te faire peur la nuit. Arrive un jour où BOUM ! Criais-je en rapprochant furieusement les deux épaisseurs de plastique.  

Elle sursauta et posa ses grands yeux bridés sur mon visage. A sa tête je devinais que les poils de ses bras s'étaient dressés.

- Ce jour-là, la frontière est siiiii petite qu'il devient plus facile pour nous de communiquer avec nos ancêtres. C'est pour ça qu'on va voir papy et mamie. Pour qu'ils puissent mieux nous entendre, tu comprends ?
- Mais pourquoi mes Daniel ils disent que ça fait peur ?

Je rigolais.

- Ah, t'es une maline toi. Ca c'est parce que tes ancêtres ils sont gentil et ne font pas peur. Mais on dit que certains morts, mon nez se fronça, les mauvais esprits, peuvent venir dans notre monde et nous terroriser pour un soir. Un seul et unique soir par an, le 31 octobre. Du coup ici pour fêter ça, on ne va pas voir nos ancêtres, mais on se déguise et on va frapper aux portes pour demander des bonbons. C'est encore mieux tu vois !
- Mais...

C'est presque si son cerveau ne laissait pas échapper des petites volutes de fumée tant il travaillait.

- Mais... Chuseok c'est pas tout le temps le même jour non ?
- Euh... non en effet. Et alors ?
Demandais-je en haussant les sourcils, représentatif de la question piège qui allait m'être posée.  
- Mais du coup t'as dit que Halloween c'était comme Chuseok. Pourquoi c'est pas le même jour ?

Ah les enfants ! Déjà cinq ans qu'ils vous remettent en question et savent percer à jour le moindre défaut du mensonge que vous leur servez sur un plateau. Car malgré ses airs trop naïfs, il me sembla alors avoir sous-estimé la petite Bong Hee, elle qui buvait son chocolat chaud suffisamment lentement pour qu'il ait le temps de refroidir. J'avais face à moi une future surdouée. C'était là quelque chose d'anticipable, si l'on savait qu'avec moins d'un an de vie aux Etats-Unis elle comprenait déjà l'anglais, bien qu'elle ne pouvait encore le parler.  

Je sentis son regard naïvement plein d'attente rester bloqué sur moi, comme si son subconscient cherchait à me faire faire un faux pas. Mais voilà, l'adversaire était de taille, Felix Ahn, le bâtard du jeu, menteur accompli et baby-sitter contre son gré à ses heures perdues.  

- Ben le décalage horaire. C'est loin la Corée tu sais.  

Dans le fond de ses yeux marrons clairs, j'avais vu son esprit accepter cette fausse-vérité sans résistance. Elle avait soufflé un petit "Ah" puis avait bu une gorgée de son chocolat, en renversant maladroitement sur son menton.  

- Attends, je vais demander une serviette.

Malheureusement aucun serveur n'était en vue. Il fallait bien avouer que les clients se faisaient rares sur cette terrasse, comme si le froid avait empêché les plus frileux de s'installer là où la vue était la meilleure, et où le soleil nous réchauffait. Aussi je m'étais rabattu sur nos voisines de table, prêtant attention à leurs conversations futiles pour la première fois depuis que nous nous étions installés. A en juger par leur apparences, j'avais affaire à des lycéennes. Et ce que j'avais pris pour des rires de truies crédules étaient au fond des ricanements de hyènes.  

- T'as vu elle s'est endormi, dit la première mal fringuée.
- Nan mais je rêve, elle bave ou quoi ?
- Ce qu'elle est cruche... souffla la bigleuse.
- A.bu.sé. Elle devrait avoir honte.

Chaque fois leurs réflexions provoquaient des fous rires.

Je tournais ainsi mon regard vers la source de leurs moqueries. Il me faut avouer avoir esquisser un sourire à la vue de la bibliothécaire. Tant de par sa situation comique que par les nouvelles informations que j'avais eu à son propos depuis l'incident de la fête nationale. En outre j'avais eu en quelques mois, le temps de croiser mon cher Oliver, lui qui m'avait tenu quelques propos forts sympathiques concernant la demoiselle en question.  

- Elle est seule en plus,
continua gros nez. A la terrasse d'un café. Ca craint.  
- C'est parce qu'elle est trop moche, embraya la bigleuse.  
- Ouais, ça, ça reste à voir, marmonnais-je. Et vous avez pas mieux à faire franchement ? Demandais-je tandis qu'elles se tournaient en ma direction.  

Accoudé sur ma chaise métallique, je les regardais tel une concierge à sa fenêtre, et ce depuis quelques minutes déjà. Etrangement, aucune ne semblait m'avoir remarqué, trop occupées à cracher tels des lamas sur cette pauvre bibliothécaire que je savais désormais s'appeler Cynthia.

- Pardon ? Demanda leur meneuse mal habillée.
- Ben je sais pas moi. Travailler peut-être ?
- ...
- Parce que c'est pas avec ces physiques que vous arriverez à quoi que ce soit dans la vie. Plutôt que de cracher sur les autres, vous devriez vous y mettre dès aujourd'hui. Car autant vous l'avouer, c'est pas gagné.
 

Je quittais du regard leurs visages joufflus empreints de surprise et d'outrage pour venir essuyer le menton de la fille de madame Lee.  

- Hey toi le conn...
- CHUT ! La coupais-je l'air faussement outré. Pas devant les enfants, conclu-je d'un sourire malin, une main portée vers la petite asiatique à ma droite. Dis Bong Hee, ça te dit on va finir ton chocolat avec la jolie fille là-bas ? Dis-je à l'enfant après m'être mise à sa hauteur.  

Je m'étais levé, avais attrapé la tasse de chocolat et tendu un bras vers elle. Doucement, sans trop de précipitation, cette dernière avait glissée sa petite main dans la mienne, tandis que je fermais mes doigts autour de cette si petite chose. Le rose de sa doudoune contrasta alors avec le gris anthracite de mon long manteau. Etrangement le contact de sa peau était chaud, comme si elle n'avait pas eu froid une seule seconde en cette fraîche après-midi. Qui sait, ce chocolat n'avait peut-être pas de raison d'être consommé chaud ? Nous marchâmes ainsi jusqu'à la table de la dite source de moquerie, mes baskets claquant le sol de la terrasse, et laissant seules les trois vipères.

Quelques instants après j'avais de nouveau les fesses posées sur une des froides chaises du café, Bong Hee sur mes genoux, et l'attention détournée des hyènes abasourdies. Cette fois-ci, les bras faisant le tour de l'enfant, c'était avec tout autant de discrétion que je m'assurais de ne pas réveiller la bibliothécaire. Mais même si le silence était de mise, mes doigt légèrement glacés ne purent s'empêcher de saisir le carnet près duquel s'était endormie la jeune femme.  
Tout comme moi, Bong Hee avait les yeux rivés sur les croquis qu'avait esquissé l'esprit délicat de Cynthia, tandis qu'elle me montrait de temps à autre un trait ou un petit dessin, aussi souriante que je ne l'étais.  
Codage par Libella sur [/url]Graphiorum


Notes
*Oppa = Manière dont une fille s'adresse à son grand-frère, ou une fille à un garçon proche plus âgé.
*Chuseok = Fête des morts coréenne.

NB
Couleur de Felix : #A60000
Toutes les paroles en italique sont dans une langue étrangère.
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MessageSujet: Re: Ce qu'il se passe quand on s'endort au mauvais endroit... [Pv: Felix Ahn]   Dim 19 Nov - 3:20



Ce qu'il se passe quand on s'endort au mauvais endroit...
Avec Felix Ahn


... Oh no.

Cynthia Holloway, 7 ans

- Elle est bizarre…

- Elle fait peur…

- Maman a dit qu'elle a plus de parents.


- Ah bon ?

- C'est vrai ?


- Chut ! Elle regarde par ici !

Je les fixe, et ils partent en courant. Je ne comprends pas très bien. Je leur fait peur ? Mais c'est moi qui tremble quand je vois des gens… En plus ils savent déjà que j'ai perdu mes parents, alors que je n'ai rien dit… Non je ne vais pas pleurer ! J'aimerai bien, mais j'en suis incapable… Je ne me souviens plus d'eux, alors c'est normal. … Je crois ?

Je n'irai pas les voir. Ça fait trop peur et je connais personne de toute façon. Autant continuer de les empêcher d'approcher. C'est pas… C'est pas comme si je pouvais leur faire confiance. Rester toute seule, in my little world me va pour l'instant ! … Peut-être ?


* * *


J'ouvris progressivement les yeux. Où étais-je déjà ?… Je me redressai, et frottai mes yeux encore endormis. C'est vrai. Je m'étais endormie, et ma tête s'était probablement écroulée sur la table, puisque je ne me souvenais plus l'avoir eue entre mes bras. Je me trouvais donc bien sur la terrasse d'un café de la ville d'Elysian Fields, en Idaho, et pas appuyée au mur d'une cours de récréation de primaire. Temps mieux que ce ne soit pas le cas. En tant qu'enfant de six puis sept ans, envoyée soudainement chez des inconnus, dans une ville et une école tout aussi inconnues, je n'avais pas été particulièrement facile à vivre.
Pas très loquace, souvent cachée dans les recoins les plus improbables de la maison de mes tuteurs, j'étais apeurée à l'idée qu'un monstre inexistant ne surgisse et ne m'attrape. The monster under my bed. Un croque-mitaine tout droit sortit de mon imagination.

Je me rendis finalement compte que je n'étais pas – ou plutôt plus – seule à ma table. Un homme accompagné d'une fillette placée sur ses genoux était assis en face de moi. Il me fallut quelques secondes – le temps d'être complètement éveillée – pour le reconnaître. Mais il s'agissait bel et bien de l'asiatique nous ayant permis de nous réfugier chez sa « tante », bien que mon séjour y fut écourté. What a surprise ! Je ne pensais pas le rencontrer ici, en ce début d'après-midi automnale.

- … Good afternoon ?

C'est à ce moment que je remarquai ce que feuilletait le jeune homme et la petite fille. N'était-ce pas… Mon carnet ?

- . . .

Je déglutis. Pourquoi avait-il fallut que de toutes les choses possibles, il emprunte précisément ce carnet ? N'aurait-il pas pu prendre le calepin, lui encore près de moi ? Bon sang…

- Est-ce que… Tu pourrais me le rendre ? Dis-je sur un ton hésitant, trahissant l'embarras dû au fait qu'il le lise.

Et cette gêne était légitime. Car précisément, à quelques pages d'intervalle de celles qu'il lisait, se trouvaient les dessins concernant le 4 Juillet. S'ils ne possédaient pas de violence comme ceux créés dès mon retour et rangés dans l'un des tiroirs de mon bureau, ils n'en étaient pas moins… Inconvenient qu'on les voit.  Qu'il les voit.

Et pour cause.

Il y avait un portrait de lui, de Misaki, et des deux enfants dont ils ne savaient pas les noms à l'intérieur.

Et je ne comptais même pas le fait que des notes sur nos premières rencontres avaient été écrites.


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MessageSujet: Re: Ce qu'il se passe quand on s'endort au mauvais endroit... [Pv: Felix Ahn]   Dim 17 Déc - 23:18

Ce qu'il se passe quand on s'endort au mauvais endroit...
Pv. Cynthia

L'avantage d'un enfant de cet âge est qu'il aisément transportable. A l'inverse, il demande qu'on s'occupe de lui avec le plus d'attention possible. Madame Park, la mère de Bong Hee l'avait très bien compris lorsqu'elle avait déchargée sa fille dans mes bras. Car alors que je sortais tout juste de la boutique de mon grand-père, je l'avais vu arriver chancelante sur ses talons, et bondir sur moi tel un léopard. Garée en double file elle n'avait même pas attendu que je tende les bras pour m'affubler de son adorable progéniture.

- Ah Felix, Dieu du ciel tu tombe bien.
- Madame Park que...

Sans même un mot de plus Bong Hee avait atterrit dans mes bras.

- Tiens, je te la confie. J'ai un rendez-vous important et la baby-sitter vient de me lâcher. "Épidémie de grippe".

Soudain elle s'était arrêtée.

- Rassure-moi, tu n'es pas malade toi ?
- Euh...
- Merveilleux tu me sauves, avait-elle continuée totalement essoufflée. Garde ton téléphone à portée je t'appelle quand j'aurais fini.
- Quoi mais j'ai autre chose à....

Je devais selon toute convenance recevoir le coup de fil d'un contact des fournisseurs chinois avec lesquels l'entreprise de mes parents souhaitaient collaborer. Et cela ne semblait pas devoir poser problème à madame Park. Cette dernière s'éloignait d'ailleurs peu à peu vers son audi, pour finir par prendre place sur le siège conducteur.

- Surtout ne la perd pas des yeux, et pas de sucreries c'est clair ?! Les enfants prennent du poids à cet âge... Ah et passe le bonjour à ton grand-père, Hyun Jae devrait passer le voir d'ici à quelques jours.
- Mais attendez je...

Soudain elle avait claqué la porte et s'en était allée sur les chapeaux de roue, filant vers je ne sais quelle responsabilité financière qui lui incombait.
Le silence de la rue m'avait de nouveau entouré, puisque même Bong Hee restait silencieuse face aux événements. Je lui avais jeté un regard d'incompréhension par lequel elle avait répondu d'un battement de cil ahurit. Cette dernière n'était pas plus avancée que moi. Et puisque dans tous les cas je n'avais d'autre choix que de m'occuper d'elle, et ce malgré mon emploi du temps chargé, je lui sourit.

- Bon ben... un chocolat chaud ça te dit ?

Son regard s'était illuminé et un sourire enfantin avait fait rebondir son petit visage joufflu. Selon toute vraisemblance elle ne devait pas avoir l'habitude que sa baby-sitter contredise les ordres fixés par la mère de la famille. Mais quoi de mieux que de se moquer des règles pour être aimé d'un enfant ?

- Tu peux marcher ?

- Oui.

ᄏᄏᄏ

Tournant une ultime page de ce carnet, je me plaisais à ignorer Cynthia. Car si je n'étais pas artiste, je faisais partie de ceux qui savaient apprécier le travail de ces derniers. La preuve était que mon entourage en était rempli. A commencer par Oli, son affreuse cousine Victorica et désormais cette bibliothécaire apparemment tête en l'air.

Soudain je tournais une ultime page. Mes yeux s'écarquillèrent alors.
Tracé au crayon de manière habile se trouvait des notes et des croquis que je reconnaissais sans difficulté. Sur eux-ci se trouvaient des visages familiers, à commencer par Misaki, l'enfant de la fusillade et enfin moi-même.
Un sourire s'était dessiné sur mon visage. Bong Hee avait tout autant remarqué le dessin et avait posé un de ses petits doigts boudiné sur le papier.

- Oh !
S'était-elle adorablement exclamée. C'est toi.
- Oui, c'est moi, avais-je ris. Elle dessine bien hein ?

Elle avait acquiescé d'un petit signe de tête. Puis j'avais levé un mon regard complice vers Cynthia, un sourcil levé, et le sourire toujours intacte.

- Voilà qui est plutôt inattendu, avais-je dis en fermant le carnet sans prêter attention aux annotation qu'il contenait.

Je ne suis pas du genre à m'infiltrer dans la vie privée des gens enfin !

- Pourquoi donc es-tu allé te terrer dans une bibliothèque avec un talent pareil ? Lui demandais-je amicalement, la regardant droit dans les yeux.

Je réalisais qu'au fond d'elle même elle devait être perplexe. Car si Gaëlle m'avait informé de sa profession, et que par la suite Oli m'avait parlé d'elle plus en détails, Cynthia ne devait pas avoir réellement entendu beaucoup de moi.

- A ce propos, je m'appelle Felix. Et voici Bong Hee
, continuais-je en présentant l'enfant sur mes genoux. Bong Hee, voici Cynthia.

Ma pomme d'Adam dû certainement faire trois tours sur elle-même lorsqu'enfin mes lèvres eurent fini d'en dévoiler plus que nécessaire. Si je ne m'étais jamais présenté, elle n'en avait pas fait de même, et je réalisais aujourd'hui n'avoir aucune raison qui justifierait que son prénom me soit familier. Cependant, étant un menteur émérite, mon visage n'avait pas bougé d'un pouce et affichait toujours la même expression. Après tout, le pourcentage de chance que cette réflexion vienne en tête de la bibliothécaire  devait certainement être suffisamment faible pour qu'aucun mensonge ne doive être prononcé de ma bouche.

- Bonjour, avait enchaînée Bong Hee en Coréen en abaissant quelque peu la tête en signe d'inclinaison de respect asiatique.

Si jeune et pourtant déjà polie. Et même si nous étions habitués à la présence l'un de l'autre, cette enfant n'allait cesser de me surprendre.  
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MessageSujet: Re: Ce qu'il se passe quand on s'endort au mauvais endroit... [Pv: Felix Ahn]   Lun 25 Déc - 17:09



Ce qu'il se passe quand on s'endort au mauvais endroit...
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"Présentations"

L'asiatique ne prêtait aucune attention à mes paroles. Il m'ignora complètement, trop occupé à tourner les pages de mon carnet. Puis ce que je redoutais arriva. Ses yeux s'écarquillèrent de surprise.

J’appréhendais sa réaction. Que devait-il penser ? Quelqu'un qu'il n'avait rencontré qu'une fois l'avait dessiné sans réellement le connaître. … Weird. Même moi, en étant celle qui l'avait fait pouvait le dire.

Pourtant, aucune froideur, aucun jugement ne sembla émaner de lui. Il ne laissa paraître qu'un sourire. La fillette sur ses genoux montra du doigt l'un des croquis. Elle exclama un « Oh ! » de sa voix enfantine, et fit remarquer qu'il s'agissait du jeune homme, ce qu'il lui confirma en riant.

- Elle dessine bien hein ?

Elle acquiesça. L'asiatique tourna son regard vers moi, et leva un sourcil sans se défaire de son sourire.

- Voilà qui est plutôt inattendu. Il ferma mon carnet.

… Que devais-je faire ? La crainte irraisonnée - qui appréciait visiblement me tenir compagnie - reprenait le dessus. « It's ok. Calm down. » Je n'étais pas en danger de mort, il n'allait rien me faire et, de plus, il se montrait plutôt amical. Je n'avais aucune raison de m'inquiéter pour le moment.

Il m'interrogea alors. Pourquoi étais-je allée me « terrer dans une bibliothèque avec un talent pareil » ? Il l'avait dit sur un ton cordial, mais me regardait dans les yeux, ce qui me troubla légèrement. Son intention était-elle de montrer de la sincérité ? Ou d'en chercher de ma part ? Je me demandai quelques secondes ce qui lui avait permis de connaître mon métier, avant de me souvenir que sa « tante » m'avait surnommée « la bibliothécaire ».

Je fus néanmoins chanceuse d'être capable de cacher mes véritables pensée, et ce surtout durant les présentations. Car lorsque celui que je savais à présent s'appeler Felix cita mon prénom à celle qu'il avait introduite comme étant Bong Hee, il me laissa confuse. Comment connaissait-il mon nom ? Ma première supposition fut que Misaki avait dû le lui donner. Mais de ce que je savais d'elle – très peu en vérité – elle n'était pas le genre de personne à donner le nom d'une connaissance aussi facilement. Elle ne m'avait pas donné le nom de Felix lors de notre rencontre à la bibliothèque.

Alors d'où le connaissait-il ?

Pas de « Gaëlle » non plus. J'avais la quasi certitude qu'elle n'avait jamais appris mon nom. Mais alors… Quelle connaissance probablement commune avait pu lui parler de… Moi ? … Passons.

J'avais souri en entendant la petite Bong Hee dire « bonjour » dans sa langue maternelle et s'incliner. Le premier mot qui me vint à l'esprit en la voyant faire fut « lovely ». Mais je me souvins alors de la question que l'asiatique m'avait posée avant de se présenter. La raison pour laquelle j'étais bibliothécaire… Après être restée silencieuse, interdite quelques instants, je murmurai :

- … Puisque je n'ai visiblement pas besoin de me présenter…


Je m'arrêtai, hésitai un instant, et repris finalement :

- Pour répondre à ta question… Je dirai que c'était par envie de travailler. On a pas énormément de choix quand on stoppe ses études pour ça… Je détournai progressivement le regard. Au moins il me plaît !

En réalité, il existait peut-être une seconde raison à mon choix d'arrêter mes études à Boise – ville où la plupart de ma vie avait pris place. Mais elle aurait sans doute semblé si insignifiante que je préférai la taire. Pas la peine que l'on connaisse ma biographie. Et puis j'étais d'autant plus préoccupée par l'idée de reparler ou non du 4 Juillet.

J'hésitais face à ce choix. Même si ce n'était que dans l'objectif de remercier celui qui se trouvait en face de moi pour nous avoir trouvé un refuge. Tout le monde ne réagit pas de manière identique face à ce genre de sujets. Personnellement… J'essaie de les éviter et de ne pas y penser. J'y parviens assez bien la plupart du temps. Mais lorsque l'on a une personne directement liée aux réminiscence de ce types de sujets en face de soi… C'est plus compliqué. Finalement, je décidai de prendre mon courage à deux mains.

- Hm… Je ne t'avais pas… Proprement remercié la dernière fois je crois… Alors merci. Dis-je sans le regarder. Si je l'avais fait, je n'aurai probablement pas pu aligner deux mots.

Le remercier aussi soudainement me mettait mal à l'aise. J'avais l'impression de ne pas y avoir donné les bonnes formes. Ces remerciements ne me semblaient pas refléter la situation de laquelle il avait pu nous sortir. L'idée de partir me sembla la meilleure solution dans cette situation. Mon café était terminé de toute façon. « Autant dire que tu fuis. » C'était certainement vrai, mais également la seule solution que j'avais trouvé.

Restait encore un problème. Mon carnet. Il était toujours posé près de Felix, et il était hors de question que je le laisse là, entre les mains de quelqu'un dont je ne savais pas grand-chose, mis à part son nom. Mais même s'il s'était agis de quelqu'un d'autre, je ne lui aurai pas laissé. Il était évidemment hors de question de le confier à qui que ce soit. J’avançai ma main et commençai à le tirer progressivement vers moi.

- Tu pourrais… Le lâcher s’il-te-plaît ?

Problematic. L’asiatique retenait le carnet tandis que je le tirais.

- Tu as fini de le lire de toute façon ! … Non ?

Oh non, Felix n’en lirai pas plus. Il en avait vu suffisamment à mon goût, et davantage que la plupart des gens. Certains m’auraient dit que ce n’était pas grave, que je n’avais qu’à le laisser regarder le contenu et le récupérer ensuite. Je l'aurai fait s'il s'était agis d'autre chose, mais j’aimerai les y voir si entre deux et trois ans de leur vie étaient contenus à l’intérieur. Je m’étais arrêtée quelques secondes, mais tentai à nouveau d'amener mon carnet vers moi, lentement mais sûrement. … Childish.


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MessageSujet: Re: Ce qu'il se passe quand on s'endort au mauvais endroit... [Pv: Felix Ahn]   Lun 19 Mar - 23:05

Ce qu'il se passe quand on s'endort au mauvais endroit...
Pv. Cynthia


Mes doigts se resserrèrent alors sur le dit objet de convoitise. Puis, dans le fond de mes yeux déjà pétillants, une étincelle de malice trouva son foyer. Cette dernière bien vite accompagnée d’un sourire en coin vint donner à mon magnifique visage l’air espiègle qui lui saillait si bien.

Ma motivation à vouloir récupérer le carnet était proportionnelle à la réticence de la bibliothécaire. Plus elle m’empêchait de voir son contenu, et plus le désir de m’amuser à la voir gênée grandissait. Et chaque fois qu’elle tirait sur la clef de ses pensées, je rajoutais davantage de force en mon sens pour que le calepin reste suspendu entre nous deux. C’était d’ailleurs si jouissif de la voir se prendre au jeu que j’en oubliais presque la présence de Bong Hee.

« Presque » ?

Lorsqu’enfin j’eu l’idée de détourner mon regard de la séduisante mais naïve Cynthia, c’est avec effroi que je constatais la disparition de ma petite protégée. Car trop occupée à jouer au chat et à la souris avec la toute récente proie de mon ami, je n’avais pas défait une seconde mon regard du sien. Mes pensées allant et venant entre un « mais qu’est-ce qu’Oli lui trouve ? » et un « Elle doit être vierge, c’est certain… il s’est posé la question le con ? », ne laissaient nullement place à mon instinct paternel. Mon cerveau, lui trop occupé à faire blanchir mes doigts sur la couverture du carnet, avait préféré porter son attention sur le jeu puérile que je m’étais plu à lancer.

Prenant soudainement une expression d’inquiétude et d’étonnement, la force qui contractait mon bras et mes doigts me quitta. Et c’est ainsi que je perdis lamentablement la main sur le contenu honteux ( ?) du carnet_ contenu qui finalement m’importait moins que de voir Cycy s’empourprer. Au lieu de cela je m’étais levé tel un suricate, tournant la tête vers les alentours.

- Où est Bong Hee ?

Et surtout combien de temps s’était-il écoulé entre sa disparition et ma tardive réaction ? Avait-elle eu le temps de gambader jusqu’à la rue ? Ou pire encore, jusqu’à la route ?

Mes sens désormais en alerte, je tendais l’oreille vers l’horizon tumultueux qu’était le centre-ville. De part et d’autre des vagues humaines voilaient mon paysage, m’empêchant de discerner la moindre enfant parmi ce déluge de passants. Pendant quelques instants la peur qui me frustrait provoqua en moi l’envie irrépressible de faire déferler sur Cynthia quelques remarques négatives. Et pourtant cette dernière, non responsable de l’enfant à l’inverse de moi, n’avait rien à se reprocher. Car oui il aurait été plus simple de reporter la faute sur quelqu’un d’autre, mais non ce n’était pas la meilleure chose à faire. S’en était si frustrant que j’avais occulté sa présence pour ne plus me focaliser que sur les alentours. Où pouvait-elle être passée ?!

Et soudain je l’aperçu. Du haut de ces trois pommes, un bout de sa doudoune rose s’immisça dans mon champ de vision. De derrière une table j’entrevis un petit bras s’agiter, formant une vague de son manteau trop long. Alors, me jetant sur elle tel le tigre sur sa proie, je l’avais saisie par derrière pour la prendre dans mes bras.

Légère comme une plume, l’enfant vola jusqu’à ma hauteur. Toute mole, certainement surprise par ce décollage impromptu, elle semblait avoir aimé cette sensation de montagnes russes puisque son visage rondouillard était sublimé d’un sourire angélique.

- Vouiiii, avait-elle dit tandis que ses pieds décolaient du sol.
- Bong Hee ! m’étais-je écrié. Non mais ça va pas de partir comme ça ? Tu veux mourir ? Tu veux que je me fasse tuer par ta mère pour avoir osé te quitter du regard quelques instants ?!

Elle semblait ne pas se préoccuper de mes paroles, comme si mon coréen lui était moins compréhensible que mon anglais. Alors, la peur qui m’avait envahie fut remplacée par de la colère. Cette rage ne pouvant être contenue, je m’étais immédiatement retourné vers les trois pétasses qui s’étaient amusé avec Bong Hee comme avec un chien.

- Eh vous, ça va pas la tête ?! Une enfant vient vers vous et vous ne prévenez même pas son p… la personne en charge ?!

Leur chef me regarda d’un air mauvais, son nez de cochon porté vers le haut. Ses yeux de phacochère vinrent alors afficher un regard méprisant, qui dévisagea autant Cynthia que moi.

- pfff, soufla-t-elle avec un air de dédain.

Il était certain qu’à ce jeu de mépris, j’allais gagner. Mais si je restais beau en toutes circonstances, son visage à elle, d’ores et déjà grossier, était venu se déformer d’une moue incommode.

- Nan mais sérieux tu te prends pour qui ?! Me dit sa voisine maigrichonne tandis que la troisième pouffait dans son coin.
- Pardon ? Demandais-je d’un air choqué, Bong Hee se dandinant entre mes bras tel un verre de terre.

Elle qui d’ordinaire était si calme me paraissait soudainement bien trop agitée.

- T’as cru que juste parce que t’étais coréen et que nous on aimait la kpop qu’on allait tout te pardonner ?!
- Non mais QUOI ?! Continuais-je sidéré tout en montant dans les aigus.
- En mode « oh mon dieu oppa tu est trop beau je suis désolée ! » acheva la maigrichonne en faisant de fausses larmes de ses doigts.

Mon expression s’était mue en un dégoût âprement mêlé à du mépris. Mais les sourcils froncés en un arc de cercle choqué, j’avais jeté un regard de défis à toutes ces gamines sans cervelle.

- Déjà de un, je suis C.H.I.N.O-coréen. Et ta phrase n’est même pas audible tant elle est laide. Et toi, disais-je en m’adressant à la maigrichonne au visage allongé. Appelle-moi encore une fois comme ça et je te jure que ce sont des vraies larmes qui vont couler de tes yeux de hiboux.
- T’oses menacer ma copine ?! S’écria leur grosse chef de groupe.
- Il a dit que j’étais moche... se mit à pleurer la fausse victime.

Bong Hee manqua de tomber. Fort heureusement je la rattrapais par le bras du mieux que je pouvais pour l’empêcher de s’écraser sur le sol tel un chewing-gum gluant. J’avais beau être sidéré par la vitesse à laquelle dérivait cette conversation, cette enfant accaparait suffisamment mon attention pour que je ne sache plus de quel pied danser.

- Et alors ?! Qu’est-ce que tu vas faire la grosse ?!

Et son bomber ne faisait qu’accentuer ses formes déjà disproportionnées et rendues laides par sa coupe de cheveux au carré. Je réalisais alors, désormais trop près d’elle, que les pointes de ses cheveux étaient teintes en un vert délavé et que ses vêtements portaient les motifs significatifs des filles que je méprisais le plus ; c’était une vraie fan de kpop. Elle faisait partie de cette espèce en expansion, de filles qui se passionnent ridiculement pour des artistes surfaits, avec lesquels elles ne pourront jamais discuter. Eux, ces faux mecs, qui ne sont même pas de vrais artistes mais qui restent au cœur des fantasmes les plus dégoûtants de leurs fans.

J’imaginais d’ici la chambre de ces trois poufiasses en manque d’estime personnelle, ces lieux morbides avec des posters pleins les murs, voire même des coussins qui avaient subi leurs baisers malodorants. Avaient-elles au moins conscience que leur idylle n’était que surfaite, créée de toute pièce par des agences milliardaires, qui les obligeait à faire de la chirurgie, et à avoir des comportements prédéterminés, pour paraître toujours plus faussement parfait ? Eux, ces tapettes qui ne savent même pas composer des chansons, et qui sont interprètes de refrains irrationnels et ridicules…

C’est précisément ce genre d’occasion qui me faisaient regretter d’être né d’un père Coréen.

- Oppa... avait murmuré Bong Hee.
- Tout va bien Bong Hee.
- Redis-ça encore une fois et…
- Et quoi ?! m’exclamais-je hors de moi. Ne fais pas ta thug, en vrai tu as trop peur d’abîmer ton visage et de devoir le faire refaire par un plasticien... Ah mais nan, suis-je bête, 90% de plastique et 10% de réel… ça te ferait un point commun avec le J-Hope* délavé de ton t-shirt.

Elle se leva brutalement, faisant basculer sa chaise en un bruit fracassant qui ne manqua pas d’attirer tous les regards sur nous.

Soudain une ombre déferla sur moi, faisant frissonner jusqu’aux poils de mes bras. Car à mon grand étonnement cette dernière s’avéra presque aussi grande que je ne l’étais, bien que de largeur elle me dépassait amplement. Et soudain, dominé face à ce sumo féminin (?), mon courage m’abandonna.
Je me rappelais alors que la personne dans cette dispute qui avait le plus peur de se voir défiguré, c’était moi, et que comble de l’imaginable, je ne savais pas me battre.

- Qu’est-ce que tu viens de dire sur mon bias* ?!

Me tassant sur moi-même, déglutissant avec difficultés, je réalisais alors qu’il n’avait pas été très judicieux de toucher pareil point sensible. C’était connu après tout, les fans hystériques étaient plus dangereuses encores que les psychopathe milliardaires.

Elle avança d’un pas tandis que je reculais d’un, venant percuter la table à laquelle Cynthia et moi étions installées précédemment.

- Bon écoute… nan mais après c’est vrai que c’est bien la kpop hein, tout le monde à le droit d’avoir ses propres goûts en termes de musique…

Mais il était trop tard pour tenter d’adoucir le monstre face à moi. Et pour cause, la rage se lisait sur son visage. Je voyais son être brûler, se délecter du bûcher au sein duquel elle m'aurait tué, après s’être délecté de mon sang, de ma sueur et de mes larmes une fois que ses lèvres charnues auraient mangées mon corps, mon coeur et mon âme.

- Tu te prends pour qui, à insulter mon bébé J-Hope et ma copine ?! Tu crois que tu vas t’en sortir aussi facilement le chintok ?!

Ah ! Au moins elle avait retenu mes origines chinoises.

- Euh…franchement là tu vois, c'est pas le von moment. Tu comprends après tout... j’ai un enfant ! Venge-toi plutôt sur elle.

De mon bras j’avais saisit Cynthia pour la mettre devant moi. En cet instant j’aurais aimé fuir, mais coincé entre deux femmes, une table et avec un asticot tête en l’air dans les bras j’étais désormais forcé de rester sur cette terrasse de l’enfer.

Codage par Libella sur [/url]Graphiorum


Notes
*Oppa = Manière dont une fille s'adresse à son grand-frère, ou une fille à un garçon proche plus âgé.
*Bias = Membre préféré d'un(e) fan de kpop dans un groupe, voire de tous les groupes (=ubias)
*J-Hope = Membre des BTS

NB
Couleur de Felix : #A60000
Toutes les paroles en italique sont dans une langue étrangère.

PETIT PLUS
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CECI EST UN CADEAU D'ANNIVERSAIRE :*

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MessageSujet: Re: Ce qu'il se passe quand on s'endort au mauvais endroit... [Pv: Felix Ahn]   Mer 18 Avr - 19:14



Ce qu'il se passe quand on s'endort au mauvais endroit...
Avec Felix Ahn


"Who said revenge was better served cold?"

Mais j'avais beau tirer, l'asiatique ne relâchait pas son emprise sur le carnet pour autant. Il ne faisait que l'amener un peu plus vers lui. Ce ne fut qu'après un certain temps qu'il se préoccupa de la fillette dont il s'occupait. Elle avait disparu de son champ de vision, et j'avais moi-même été plus intéressée par la récupération de mon bien que par la petite Bong Hee. Je vis différents sentiments se succéder sur le visage de Felix. Surprise, inquiétude, peur, colère. Il avait lâché mon carnet.

J'entendis rire un groupe de filles, installé depuis un moment sur la terrasse. Elles avaient les mêmes voix que les enfants de mon rêve. J'avais dû les leur attribuer inconsciemment. Disturbing… Mes yeux se tournèrent vers elles puis ce qu'elles regardaient. La petite fille en doudoune rose s'était dirigée vers elles. Felix disparut à son tour de mon champ de vision, avant de réapparaître derrière l'enfant et de la soulever. Je fus soulagée qu'il ne la prenne pas par le col. Cela amusa la fillette, mais lui était tout sauf amusé.

- Bong Hee !

La suite me fut incompréhensible. Je présumais qu'il s'agissait de réprimandes. Elle ne sembla pourtant pas y prêter une grande attention. L'asiatique, l'enfant toujours dans ses bras, se tourna alors vers les trois filles. J'observai leur dispute de loin, sans savoir si je devais être amusée par la façon dont celle-ci tournait. Le sujet d'origine n'était pas censé être drôle, et j'avais un mauvais pressentiment sur la suite des événements.

… Vint le sujet du « bias ».

Je venais de ranger mes affaires dans mon sac quand…

- Qu'est-ce que tu viens de dire de mon bias ?!


Je sursautai. L'une des filles s'était levée d'un bon et semblait prête à tuer Felix, qui perdit soudainement toute confiance en lui. Tout s'était envenimé à une vitesse ahurissante, et j'avais l'impression que m’immiscer dans cette histoire ne ferait qu'empirer les choses. Si les enfants de mon rêve avaient leurs voix, ce devait être pour une raison. Je devais être exactement le genre de personne qu'elles méprisaient. Au meilleur des cas, je leur faisais pitié. Autant ne pas s'en mêler et partir maintenant. Au moins je serai à l'heure à la bibliothèque.

Mais un élément m'avait échappé. Le jeune homme avait reculé jusqu'à mon niveau, tandis qu'il essayait vainement de sortir de son pétrin. Ceci dit, ce détail n'aurait pas été d'une grande importance s'il ne m'avait pas saisie pour se servir ensuite de moi comme bouclier.

- Venge-toi plutôt sur elle.

Je lui lançai un regard lourd de sens. Really ? Avant mon carnet, maintenant ça ? Il voulait vraiment que je sois contre lui dans cette histoire ?

Dans les milliers de scénarios que j'imaginais résulter de ce geste, trois revenaient.
Scénario 1 : Son ''plan'' – Si on pouvait appeler ceci un plan – fonctionnait. Il pourrait partir alors que je me trouverai dans sa position précédente, et devrais probablement courir le plus loin possible d'ici.
Scénario 2 : Elles n'auraient rien à faire que je serve de bouclier et me repousseraient – ou utiliseraient une autre méthode amenant à un résultat similaire - avant de prendre d'assaut l'asiatique, en espérant que Bong Hee ne soit plus dans ses bras.
Scénario 3 : Elles se vengeaient sur nous deux. Il s'agissait du scénario que j’appréhendais le plus.

Je devais donc trouver une solution et vite avant que l'un de nous – voir nous deux - ne finisse roué de coups, ou pire. Il avait osé critiquer une chose qui les passionnait, et je n'avais aucune idée de ce qu'elles pourraient lui / nous faire subir pour cela. Et encore, « passion » semblait être un faible mot. Ce dont je pouvais être certaine, c'est qu'elles étaient furieuse, et c'était justifié. Mais les deux camps étaient en tort. Bien que Felix avait eu ses raisons, ses insultes n'auraient pas dû être aussi véhémentes, et ces filles auraient dû s'excuser et en rester là. Le sujet n'aurait alors pas dévié et n'aurait pas déclenché le résultat actuel.

La lecture de livres tels que Do Androids Dream of Electric Sheep ou The League of Extraordinary Gentlemen m'étant plus intéressante que le monde extérieur, je n'avais jamais rien entendu concernant la K-pop – je supposais seulement qu'il devait s'agir de musique - et n'avais pas la moindre idée de ce qu'était un « bias ». La solution la plus juste aurait donc été d'utiliser comme diversion mon ignorance.

Mais je n'oubliais pas que l'asiatique m'avait donnée en pâture pour se sauver.

- … Ou alors…

Je déglutis. Choose your sentences well

- Pourquoi ne nous feriez-nous pas écouter de K-pop ? Je leur souris amicalement, alors que j'étais apeurée intérieurement. Et si ça ne fonctionnait pas ? Je n'ai aucune idée de ce que c'est. Et… Ce serait bien mieux que de frapper ce lâche caché derrière moi ! Bien sûr j'imagine qu'il faudra le retenir pour être sûr qu'il écoute mais bon… Ce n'est qu'une idée…

Certain auraient dit qu'il s'agissait d'une vengeance pour son coup bas mais… Elle n'en serait une que si elles acceptaient.

Et ce serait toujours mieux que de le voir se faire battre.


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MessageSujet: Re: Ce qu'il se passe quand on s'endort au mauvais endroit... [Pv: Felix Ahn]   

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Ce qu'il se passe quand on s'endort au mauvais endroit... [Pv: Felix Ahn]
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